En plus des quelques conférences proposées aux agents immobiliers, ceux-ci ont pu visiter quelques exposants qui proposaient pour plusieurs des solutions technologiques afin de satisfaire cette nouvelle génération d’acheteurs. - (Photo Luc Fournier)
Courtiser l’Y, le défi des agents immobiliers
Les façons d’offrir des services aux jeunes qui aspirent à devenir propriétaires sont à revoir
Plus de 300 agents immobiliers étaient rassemblés pour assister au colloque organisé par la Chambre immobilière de Québec (CIQ) afin de s’informer sur la nouvelle réalité du marché : la génération Y. Comme les 18-30 ans ont des besoins spécifiques lorsqu’il est question de faire l’achat d’une maison, les agents immobiliers doivent prendre de nouvelles avenues afin de satisfaire des clients qui attendent de leur agent immobilier bien plus que ce qu’attendent les baby-boomers et les X.
Le colloque «Partez à la conquête de votre client» amène des pistes afin d’aider les agents immobiliers à mieux servir une clientèle dont les besoins sont spécifiques. Selon la directrice générale de la CIQ, Gina Gaudreault, «la moyenne d’âge des agents immobiliers est de 50 ans. Ces baby-boomers doivent apprendre à travailler avec la génération Y.»
C’est que des entrevues faites auprès de jeunes représentants de cette génération ont démontré que ce que cherchent ces nouveaux acheteurs chez un agent immobilier est un partenaire, et non pas un vendeur, encore moins un père. «C’est un partenaire qui va les rassurer… Souvent, la recherche est déjà avancée, ils sont allés sur Internet. À partir de là, ils veulent vraiment que la personne leur dise, par exemple, ce qu’on doit prendre en compte au point de vue légal, ce qui est à faire attention. On demande aussi de plus en plus aux agents immobiliers d’aider l’acheteur au niveau de la négociation.»
De plus, l’agent doit maintenant être capable de rendre son message de la façon la plus concise qui soit. «Nous ce qu’on leur dit, c’est de se préparer un topo de 30 secondes. En 30 secondes, quand tu rencontres un client de la génération Y, tu dois être capable de lui dire ce que tu es capable de faire pour lui. On parle de la génération de l’instantané», poursuit Mme Gaudreault.
Le colloque avait pour but d’apprendre à comprendre cette nouvelle génération. Ces «Y» sont devenus les acheteurs d’aujourd’hui et il semble qu’on les comprenne mal. «On me dit souvent chez les agents immobiliers que cette génération n’est pas fidèle, mais ce n’est pas vrai. Quand un jeune a travaillé avec quelqu’un et qu’il a été satisfait, il va rester avec (l’agent). S’il n’est pas fidèle, c’est qu’il n’a pas été content. Ce n’est plus de la fidélité alors, c’est de l’insatisfaction».
La publicité : du papier vers l’octet
On a aussi profité de l’occasion pour dévoiler les résultats d’un sondage. Résultats qui en ont surpris plus d’un, selon la directrice de la CIQ. «Les conclusions de l’étude c’est que maintenant, c’est Internet. Les consommateurs cherchent et trouvent leur maison sur Internet.» Selon le sondage, les publicités papier perdent rapidement du terrain par rapport aux publicités sur Internet.
TNS Media Intelligence rapporte d’ailleurs que les publicités sur le web ont fait un bond de 8% pour la dernière année, ce qui correspond grosso modo à la baisse des ventes de publicité dans les journaux, de 7,4%. Un autre élément qui influence beaucoup les acheteurs maintenant, ce sont les références. Bien plus, selon Mme Gaudreault, que celui qui a la plus grosse affiche dans les journaux. Les jeunes vont plutôt se fier à la bonne ou la mauvaise expérience d’un proche pour choisir leur agent immobilier.
Les acheteurs d’aujourd’hui ne veulent donc plus un agent pour leur dire où il y a des maisons à vendre, mais plutôt pour assurer le suivi et rassurer le client en vue de l’achat de la propriété, souvent déjà choisie lorsque l’acheteur contacte un agent immobilier.