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Marcel Parent : une carrière bien remplie dans l'enseignement à Québec

par Jean-Marc Pageau, collaboration spéciale
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Article mis en ligne le 20 octobre 2008 à 5:35
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Marcel Parent : une carrière bien remplie dans l'enseignement à Québec
Marcel Parent a enseigné pendant 44 ans et toujours à Giffard, patelin qui l'a vu naître.
Marcel Parent : une carrière bien remplie dans l'enseignement à Québec
Dernièrement, l’école secondaire Samuel-De Champlain de Québec (Beauport) célébrait son 50e anniversaire de fondation. À cette occasion, plusieurs invités, anciens élèves et professeurs se sont retrouvés lors d’une journée portes ouvertes. Parmi les invités, notons la présence de Marcel Parent, l’un des tout premiers professeurs qui est aujourd’hui âgé de 93 ans! J’ai eu le grand plaisir de rencontrer M. Parent quelques minutes et aujourd’hui je me permets de vous partager quelques-uns de ses nombreux souvenirs.
Québec Hebdo – Racontez-nous brièvement votre enfance!
Marcel Parent - «Je suis né en 1915 à Giffard. La ville de Giffard venait tout juste de se séparer de la ville de Beauport. Le premier curé de la paroisse était un nommé Guimond, qui fut remplacé par le curé Gauthier qui est devenu par la suite Mgr. Gauthier. J’ai fait toutes mes études primaires à Giffard et plus tard je suis allé faire ce que l'on appelait à l’époque l’école normale Laval sur le chemin Sainte-Foy, là où se situe aujourd’hui le Cégep Garneau.»
QH - À quelle école avez-vous enseigné pour la première fois?
MP - «C’était en 1935. J’ai débuté ma carrière de professeur dans l’ancienne chapelle de Giffard! Aujourd’hui devenu l’église de Giffard. J’enseignais la deuxième année élémentaire. Graduellement, j’ai enseigné à tous les niveaux jusqu’en neuvième année. À cette époque, les cours se terminaient en onzième année et la plupart des élèves partaient pour le marché du travail. D’autres allaient à l’université pour étudier l’une des trois professions les plus recommandées soit médecins, avocats et notaires. Je me rappelle avoir même enseigné dans l’église de Giffard parce que notre école avait brûlé. Ce n’est que beaucoup plus tard que j’ai enseigné dans la toute nouvelle école Samuel-De Champlain.»
QH - À vos débuts comme enseignant, le ministère de l’Éducation que l’on connaît actuellement existait-il?
MP - «À l'époque, nous étions régis par le ministère de l’Instruction publique. Je me souviens que nous étions suivis une fois par année par un inspecteur qui venait constater l’état de notre enseignement en rencontrant nos élèves et parfois en leur donnant un examen. C’était angoissant autant pour les élèves que pour le professeur!»
QH - Vous avez enseigné pendant combien d’années?
MP - «J’ai enseigné pendant 44 ans et toujours à Giffard. Imaginez, j’ai même enseigné dans une petite école qui n’existe plus de nos jours. C’était l’école Deblois, sur la rue du même nom. Je me souviens que l’on chauffait, nous-mêmes le poêle à bois en hiver. J’avais environ 32 élèves dans ma classe. On n'était pas syndiqué à ce moment-là. Mon salaire était de 10 $ par semaine et je travaillais de 8 h 30 à l6 h 30, en plus des nombreuses heures à corriger à la maison.»
QH - En 40 ans, avez-vous remarqué des différences notoires dans le comportement des étudiants?
MP - «Le vouvoiement! Quand je me suis retiré en 1980, les étudiants commençaient à appeler les professeurs par leur p’tit nom! Moi, je n’ai jamais accepté ça. J'avais de la difficulté avec cette attitude. Je dirais aussi qu’en général, la discipline était moins présente à partir de cette époque. Les élèves devenaient plus familiers avec les professeurs et ceux-ci avaient beaucoup plus de difficultés à donner leur enseignement sans être dérangé. Je pense que les professeurs sont devenus trop amis avec leurs élèves. Au début du phénomène des polyvalentes, laissez-moi vous dire que les étudiants étaient perdus. C’était la première fois où ils devaient changer de classe à chaque cours et chercher sur deux ou trois étages le bon local. Je connais plusieurs étudiants qui ont eu vraiment de la difficulté à s’adapter. Dans mon temps, les élèves n’échouaient pas. J’ai commencé à voir des élèves échoués quand les polyvalentes sont arrivées!»
QH - Est-ce que vous avez des enfants et petits-enfants?
MP - J’ai trois enfants. Deux filles et un garçon. L’une de mes filles et mon garçon sont aujourd’hui à l’âge de la retraite. Ma plus jeune est neurologue ici à Québec. Je suis très fier aussi de mes six petits-enfants et de mes quatre arrière-petits-enfants.»
QH - À 93 ans quel est votre passe-temps favori?
MP - «Les quilles. J’adore jouer aux quilles avec mes amis. Imaginez, je joue aux quilles avec un de mes anciens élèves, qui doit avoir aujourd’hui tout près de 70 ans! J’y vais justement dans quelques instants, vous vous joignez à nous?»

* (Collaboration spéciale Jean-Marc Pageau)

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