La soirée de consultation a été le lieu de bien des protestations de la part des citoyens venus des quatre coins de la ville. (Photos Luc Fournier)
Mathématique municipale
Des citoyens de Québec veulent qu’on considère l’histoire et l’homogénéité des territoires pour les fusions de district
Réunis en assemblée publique de consultation à l’Hôtel de Ville de Québec, une soixantaine de citoyens des arrondissements de la Haute-St-Charles, Sillery-Sainte-Foy et de La Cité en avaient long à dire sur la façon dont a été fait le redécoupage des districts de la Ville de Québec. Un redécoupage qui avait presque fait l’unanimité parmi les conseillers, lors du conseil municipal du 2 septembre. Pourtant, jeudi dernier, il ne s’en trouvait pas un seul pour défendre cette carte.
Des commentaires des citoyens qui sont revenus le plus souvent, c’est certainement le fait que l’histoire, le partage d’infrastructures communes et l’homogénéité des quartiers n’ont pas été pris en compte dans la nouvelle définition des limites des nouveaux districts proposés. «L’homogénéité nous semble plus importante que les seules questions mathématiques», a souligné Bryan Morin, un citoyen venu clamer son mécontentement.
C’est que les districts ont été divisés de façon à ce que chacun ait à peu près le même poids démographique, ce qui a aussi pour effet de faire fit de toute considération sociale, de sentiment d’appartenance et de communauté naturelle. Le greffier de la Ville, Sylvain Ouellet, a d’ailleurs retenu le critère mathématique en premier lieu lorsqu’il a fait mention des conditions à respecter dans le processus de ce projet de redécoupage.
Le maire Régis Labeaume croit aussi qu’il faut tenir compte de l’histoire des populations concernées. «Il faut suivre la vraie vie et l’histoire. On avait deux choix : de paralyser le conseil et que personne ne comprenne, ou voter pour la carte. On l’a voté en sachant que des gens allaient protester», a-t-il mentionné avant de remercier l’effort des citoyens venus contester la nouvelle carte électorale. Le Renouveau municipal de Québec, qui avait fait en sorte de faire accepter la carte en question, est finalement revenu sur sa décision. «Peut-être que nous avons erré», a avoué la conseillère du RMQ Anne Beaulieu, au grand plaisir du maire.
La cas de la Haute-Saint-Charles
Parmi les cas à l’étude, c’est certainement celui de la Haute-Saint-Charles qui a fait le plus parler. Rappelons que Montchâtel devait être fusionné à Lac-Saint-Charles dans cette carte qui est contestée de toute part. Marcel Veilleux, un citoyen du secteur, a d’ailleurs avancé que ce projet, tel que présenté, est «en contradiction avec la loi», qui mentionne que les secteurs fusionnés doivent être le plus possible homogènes selon des facteurs socio-économiques. «Comment un conseiller pourrait à la fois défendre les intérêts des deux secteurs?», a-t-il questionné.
Le maire Labeaume n’a d’ailleurs pas usé de la langue de bois lors de sa courte allocution. «La solution est simple. C’est Saint-Émile et Lac-Saint-Charles. La carte existe, elle est dessinée.» Le discours du maire aura suffi à ce qu’une bonne partie des citoyens de l’assemblée quitte, apparemment satisfaite de l’élocution du maire. Les citoyens présents l’ont d’ailleurs applaudi chaudement.
Le conseiller de Des Châtels, Pierre Blouin, a d’autre part, mentionné à l’Actuel sa satisfaction vis-à-vis cette assemblée publique de consultation. «On a fait un pas dans la bonne direction ce soir. On avance!»
De son côté, le président de l’arrondissement et conseiller de Saint-Émile, Steeve Verret, croit que l’on pourrait tout simplement maintenir le statut exceptionnel de Lac-Saint-Charles, qui, grâce à un règlement qui lui permet d’être dérogatoire depuis 2001, pouvait jusqu'à maintenant composer un district avec seulement 8 000 habitants. D’ailleurs, certains secteurs situés au nord seraient en développement et la population pourrait bien augmenter dans les prochaines années. Cette question de l’accroissement démographique a d’ailleurs été soulevée par un citoyen.
Pour Raymond Dion, conseiller de Loretteville, «il faudrait regrouper Lac-Saint-Charles et Saint-Émile… Ce que je voudrais, c’est qu’on applique les mêmes critères qui ont prévalu dans les autres arrondissements», a-t-il ajouté.
Des citoyens dépassés par l’«absurdité» du plan proposé
Solange Blouin, qui demande depuis quelques semaines maintenant qu’on rejette cette proposition de découpage, a reçu les éloges du maire Labeaume. «Madame Blouin dit exactement ce que je pense. Ça me semble incongru ce qui a été dessiné. Ça n’a aucun sens», a-t-il dit en appui à la citoyenne.
Marius Plante, du conseil de quartier Des Châtels, a quant à lui parlé des conseils de quartiers, qui ne sauront plus où donner de la tête. «Y aura-t-il trois conseillers au conseil de quartier?», a-t-il questionné, ravivant du même coup les applaudissements des citoyens ainsi que les rires de plusieurs conseillers. C’est que les gens de Montchâtel ont changé maintes fois de dénomination et de secteur officiels durant les dernières années, à tel point que la confusion s’installe.