Coup sur coup, Maryse Guillemette a dû traverser les tempêtes de la maladie mentale de son père, de sa mère et de son frère. Heureusement, elle a eu de l’aide.
Son père, sa mère et son frère sont atteints de maladie mentale
Maryse Guillemette souhaite briser les tabous
Maryse Guillemette semble bien douce et fragile sous ses airs candides, mais la jeune femme a traversé la tête haute toute une vie empreinte de vives douleurs : son père, sa mère et son frère sont tous atteints de maladie mentale.
«C’est difficile de trouver l’équilibre dans le déséquilibre, admet Maryse Guillemette, 24 ans. On se sent extrêmement seul. Il faut à tout prix briser l’isolement par le biais de groupes d’entraide.»
Voilà pourquoi la Fédération des familles et amis de la personne atteinte de maladie mentale (FFAPAMM) l’a choisie comme ambassadrice pour sa campagne 2008. Une campagne qui a eu lieu dans le cadre de la Semaine de sensibilisation aux maladies mentales, du 5 au 11 octobre derniers, sous le thème Vivre avec un frère ou une sœur atteint de maladie mentale.
Son histoire
«Mes deux parents souffraient de graves problèmes mentaux, raconte Maryse Guillemette, aujourd’hui éducatrice à la petite enfance. Ma mère traversait de longues périodes dépressives, mon père avait des crises psychotiques. Jusqu’à l’âge de15 ans, je croyais ma situation normale.»
«Je croyais normal de voir mes proches vivre des pleurs interminables. Quand je revenais de l’école, ce n’était pas mon sac à dos qui me pesait lourd sur les épaules, mais bien la maladie de mes parents. Et ouvrant la porte, je ne savais jamais ce qui m’attendait de l’autre côté.»
C’est donc avec son petit frère qu’elle a fait équipe pour affronter la vie. Tous deux étaient alliés. Jusqu’à ce que lui aussi bascule de l’autre côté du miroir. C’était il y a quatre ans. Elle avait 20 ans, lui 18. Diagnostic : schizophrénie.
«Notre ciel s’est assombri totalement le jour où j’ai trouvé des écrits incohérents dans la poubelle, dit-elle. Mon frère y tenait un discours délirant. Je voyais qu’il allait de moins en moins bien, mais là, il était en psychose. J’ai donc pris mon courage à deux mains pour le faire hospitaliser. Ça m’a pogné au cœur jusqu’au fond des trippes.»
Les questions ont alors afflué. Pourquoi lui? Comment l’aider? Et c’est vers la FFAPAMM que Maryse s’est tournée.
«J’avais gardé en mémoire le numéro de téléphone qui m’avait aidé durant mon adolescence, se rappelle-t-elle. À l’époque, j’avais rencontré une travailleuse sociale et découvert tout un univers d’espoir. J’avais été en contact des gens qui connaissaient ce que je vivais.»
Aujourd’hui, Maryse Guillemette dit avoir retrouvé son petit frère. Bien sûr, elle recommande la FFAPAMM à toute personne aux prises avec un proche affligé d’une maladie mentale. Elle le sait, les tabous entourant la maladie ont d’énormes répercussions sur les proches aidants.
«La maladie mentale n’attire pas la sympathie ou la compassion, plaide-t-elle, mais plutôt la crainte et la curiosité. Celle de mon frère a provoqué le recul et les indélicatesses. Le regard des gens est devenu inquisiteur. On passait pour une famille de fous. Comme si l’apparition de la maladie mentale était la faute de quelqu’un.»
Pour joindre la FFAPAMM, il suffit de composer le 1-800-323-0474.
clarence dubois
Commentaire mis en ligne le 12 novembre 2008j ai trouver son temoignage tres pognant et je l ai telecharger pour le faire entendre a ma blonde quel courage elle a pour passer a travers tous sa je n en revien tous sinplement pas