Le maire de Québec, Régis Labeaume, s'est fait plutôt cinglant envers l'ancienne administration de Jean-Paul L'Allier. (Québec Hebdo)
Échanges musclés autour des négociations avec les policiers
Les négociations avec les policiers ont été prétextes à des échanges musclés entre le maire et le chef de l'opposition, hier soir, au conseil municipal. Alors que Régis Labeaume accusait le RMQ et son ancien chef Jean-Paul L'Allier d'avoir signé des «conventions catastrophes » lors de la fusion, Alain Loubier déplorait «l'approche douteuse» du comité exécutif de négocier sur la place publique.
«Nous accueillons avec satisfaction le retour à la table de négociations parce que nous croyons que c'est là que l'impasse va se dénouer», a mentionné d'entrée de jeu le chef de l'opposition.
Mais le pot n'a pas tardé à suivre les fleurs. Alain Loubier n'a pas manqué de rappeler au maire de Québec que les statistiques de la SAAQ sur le nombre d'accidents avec blessés au cours de la dernière année étaient contraires à ce qui avait été avancé par le comité exécutif.
«On a prétendu que la diminution du nombre de constats d'infraction avait entraîné une hausse du nombre d'accidents avec blessés alors que les statistiques de la SAAQ démontrent clairement que cette prémisse était fausse, a-t-il souligné. Sur cette simple présomption d'un lien de causalité, on s'est lancés dans une campagne devant les tribunaux en engageant d'importantes ressources humaines et financières. C'est triste parce qu'une fois de plus, c'est la crédibilité de la Ville de Québec en tant qu'employeur qui en prend pour son rhume.»
Responsable des négociations au comité exécutif, Richard Côté a tenté de calmer le jeu. «On se présente le 20 octobre devant le conseil des services essentiels et notre défense est prête, a-t-il affirmé, rappelant qu'un blitz de négociations est prévu dans les prochains jours. Je vous invite à venir nous entendre.»
Répondant à une question du conseiller Paul Shoiry, le vice-président du comité exécutif a expliqué que les négociations se faisaient toujours à l'intérieur du cadre présenté aux élus et que les deux principaux enjeux demeuraient le régime de retraite et les congés de maladie.
Quelques étincelles
Le maire Régis Labeaume a demandé au chef du RMQ d'être prudent dans ses propos, mais il n'a pu s'empêcher de décocher une flèche à l'ancienne administration. «La meilleure attitude est d'être solidaire avec le comité exécutif, a-t-il soutenu. Ce qui est le plus ruineux pour notre ville, ce sont les conventions catastrophes que vous avez signées la dernière fois.»
Cette affirmation a fait bondir le conseiller Jean-Marie Matte qui s'est porté à la défense de son ancien chef, Jean-Paul L'Allier. «Nous avions 68 conventions qu'il fallait ramener à 13, a-t-il rappelé. C'est tout un travail qui a été fait. Qu'on arrête de dire que ce qu'on a fait était désastreux.»
Loin de donner raison à l'ancien chef de l'opposition, le maire a plutôt choisi de jeter un peu d'huile sur le feu en dénonçant ce qu'il a qualifié d'harmonisation par le haut. Il a aussi accusé le RMQ d'avoir eu peur des syndicats.
«Des contraintes nous ont été imposées par la loi et ça devait se faire à coût nul, a répliqué Alain Loubier. C'est lui le maire qui a l'obligation de négocier et nous avons le droit de lui poser des questions.»
Manon Laverdière
Commentaire mis en ligne le 7 octobre 2008Je commence à en avoir assez de voir Régis Labeaume continuellement revenir sur les anciennes négociations de conventions collectives. S'il a été élu, c'est justement parce que nous avons cru à ce moment qu'il serait en mesure de nous faire la preuve qu'il pouvait réussir à négocier des conventions qui vont dans le sens de ce que nous sommes capables de payer comme citoyen.
Au lieu de revenir sur le passé, M. Labeaume aurait intérêt à nous montrer ce dont il est capable.