Le chef du RMQ, Alain Loubier, assure que le calme est revenu au sein du parti et que le noyau restant de 15 conseillers est solide. (Photo François Simard Québec Hebdo)
«On se concentre maintenant sur notre travail d'opposition»
Alain Loubier tourne la page sur la crise traversée par sa formation
Deux semaines après la tempête qui a durement secoué le Renouveau municipal, Alain Loubier croit fermement que cette crise était la dernière étape du chemin de croix qui a suivi la cinglante défaite électorale de décembre 2007. «Ma principale tâche comme chef est de ramener la confiance au sein de notre groupe et j'ai l'impression qu'on y arrive, affirme-t-il. En deux semaines, le climat a changé considérablement.»
Le moins que l'on puisse dire, c'est que l'entrée en scène du conseiller du district de Maizerets comme chef du RMQ a été mouvementée. Quelques jours à peine après avoir été nommé, il perdait trois collègues dont Louise Lapointe et Pierre Blouin à qui il a dû montrer la porte. Et c'est sans compter sur des dissidents de l'aile jeunesse qui ont décidé, dans un grand éclat médiatique, de se tourner vers l'équipe Labeaume.
«La décision la plus difficile pour un chef est d'exclure des membres de son équipe, mentionne Alain Loubier dans une entrevue exclusive accordée à Québec Hebdo. Mais la page est tournée et mon souhait le plus cher, c'est qu'on se concentre maintenant sur notre travail d'opposition.»
Ce dernier assure que le calme est revenu au sein du parti et que le noyau restant (15 conseillers) est solide. Et la perte de la majorité au conseil est loin de l'empêcher de dormir. «Les commentateurs ont donné une importance démesurée à cette question et ça nous a souvent placés dans une situation inconfortable», admet-il.
Une approche citoyenne
Le chef entend maintenant recentrer sa formation sur une approche plus citoyenne et mener une opposition constructive. «Je veux revenir au rôle de base d'une opposition qui est de forcer le gouvernement à rendre des comptes, dit-il. Nous avons souvent été taxés de faire de l'opposition systématique et je veux à tout prix éviter de retomber dans ce piège. Il appartient maintenant au maire de créer sa majorité au conseil ce qui nous donne une certaine marge de manœuvre.»
Ce dernier est bien conscient que la cote de popularité de Régis Labeaume dans la population est élevée et qu'il profitera probablement, durant plusieurs mois encore, du succès du 400e.
«Notre travail sera justement de faire en sorte que les gens aient une vision un peu moins idyllique du maire, explique-t-il. Jusqu'à maintenant, les gens sont plus ou moins attentifs à ses défauts parce qu'ils ne voient pas encore les conséquences.»
Pour préciser ses propos, Alain Loubier donne en exemple les négociations avec les policiers. «La stratégie du maire nous mène directement dans un cul-de-sac, soutient-il. Je suis convaincu qu'en bout de piste, on va se retrouver avec une facture beaucoup plus salée que ce que nous aurait coûté une entente négociée.»
À un peu plus d'un an du prochain rendez-vous électoral, ce dernier est convaincu que le RMQ a plus que jamais sa place sur l'échiquier politique municipal de Québec. Mais il est aussi conscient qu'il a une pente à remonter.
«Je veux profiter de l'expérience de chacun des membres pour faire du RMQ la formation que les gens veulent et qui a une vision à proposer pour la Ville de Québec», affirme-t-il.
Et cette reconstruction passera notamment par un congrès à la chefferie en avril prochain et le renouvellement du programme du parti en juin.
Quant à ses chances d'être encore à la tête du parti le jour du scrutin, Alain Loubier se fait plutôt évasif. «J'ai toujours dit que pour moi, la politique est une parenthèse qui a un début et une fin, indique-t-il. Est-ce que la fin est pour cette fois-ci ? Je ne le sais pas encore. Je dois décider si je me représente comme chef ou même comme conseiller dans mon district.»