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Les élections fédérales et les enjeux du changement climatique

Article mis en ligne le 25 septembre 2008 à 11:57
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Les élections fédérales et les enjeux du changement climatique
Depuis le déclenchement des élections fédérales 2008, les partis d’opposition dénoncent avec passion le plan d’action Prendre le Virage pour lutter contre les changements climatiques du gouvernement Harper. Leur argumentation est que le parti ministériel fait fausse route en n’attribuant pas un coût financier aux émissions de gaz à effet de serre GES que ce soit par l’entremise d’une taxe ou d’un système d’échange de droits de polluer. Ce coût financier comme signal de prix permettrait aux forces de marché de récompenser le leadership, l’innovation et les investissements tout en favorisant une nouvelle approche basée sur l’effort de toute la société, l’implantation de technologies vertes, la simplification des politiques climatiques et surtout l’action immédiate.

La vérité est que l’actuel gouvernement dans le cadre du plan d’action Prendre le Virage a fait mieux que d’attribuer un coût financier aux GES en reconnaissant que la solution résidait dans la nécessité d’intégrer l’influence du progrès technique sur l’évolution des coûts d’utilisation des ressources ou d’anticiper l’apparition de substituts à partir des technologies présentes. L’utilisation par exemple des investissements certifiés dans le domaine du captage et du stockage du carbone permet de contribuer à une solution planétaire. L’objectif principal est d’améliorer les dispositifs existants pour lutter contre les changements climatiques et conduire les agents à faire des choix individuels dans le sens d’une plus grande efficacité sociale.
La logique de Kyoto
Que l’on raisonne à l’échelon étatique, sectoriel ou individuel, la logique de Kyoto est dominée par l’intérêt de reporter les coûts de pollution sur les partenaires. Les mécanismes de flexibilités de Kyoto mêlent dans un grand ensemble flou tous les acteurs de la négociation sur le changement climatique et les choix énergétiques. Le système des quotas apparaît manipulable et a priori économiquement inefficace. Comme les États-Unis ne font pas partie du Protocole de Kyoto le sort du projet dépend de la Russie. À cause de l’effondrement économique de 1990, la Russie a obtenu gratuitement des centaines de millions de tonnes de permis d’émissions de CO2 qu’elle peut vendre quand bon lui semblera et qu’elle en a même fait une condition à sa ratification de Kyoto.
Pour la période pré-Kyoto 2005-2008, les pays signataires de Kyoto n’ont pas réalisé leurs objectifs de réduction des GES. La baisse de l’intensité carbonique dans l’Union européenne a ralenti et les résultats enregistrés sont inférieurs à ceux des États-Unis. En 2007 près de 50% des crédits de Kyoto était constitué par des droits gratis émis cette fois par l’ONU. Les crédits Kyoto s’apparentent à ceux de la création monétaire source d’inflation à l’origine de la crise du crédit. En ratifiant Kyoto chaque pays reconnaît une dette constituée par les émissions des GES. Grâce aux mécanismes de flexibilité de Kyoto, cette dette morale à l’égard des générations futures doit être réglée avec les permis attribués qui devront être restitués en quantité égale aux émissions de GES.
Pour une approche citoyenne
Que les instruments d’une politique environnementale portent sur une taxe, un système de permis, une norme technique ou d’émission, l’efficacité environnementale est la même puisque tout est une affaire de paramétrage de chaque instrument. Même si le plan d’action Prendre le Virage établi une cible de réduction des GES de 20% inférieure à celle de l’après Kyoto, elle est justifiable du point de vue d’une approche citoyenne comme la mise en aptitude des citoyens à procéder collectivement à des choix. On parle aussi d'approche citoyenne pour caractériser des procédures et méthodes de coproduction de connaissances, de technologies et de solutions aux émissions des GES associant des mouvements de la société civile avec des institutions scientifiques.
L’époque du pétrole bon marché est révolue et tout indique que les tensions sur l’offre sont dues aux problèmes géopolitiques d’un nouvel ordre pétrolier en émergence. La volonté des Américains de réorganiser le marché mondial du pétrole après les attentats du 11 septembre caractérise un contexte d’insécurité, de concurrence et de rivalités géostratégiques. La tendance à privilégier l’économique s’explique par un contexte de convergence globale des économies nationales. La principale difficulté réside dans le type de gouvernance qui serait le plus apte à fournir un niveau optimal de biens publics internationaux comme le contrôle des GES, la sécurité des approvisionnements énergétiques et les monnaies internationales.

Ce nouvel ordre pétrolier constitue ce que le sociologue et écrivain français Edgar Morin appelle une politique de civilisation permettant de relever le défi de Vancouver à Vladivostok de l’élargissement de l’Europe et de l’Occident à la Russie. Conformément à la formule de Raymond Aron, Paix impossible Guerre improbable, la Russie, le Canada, les États-Unis et l’Europe ont eu en 2007 une prise de position géopolitique sur le Passage du Nord-Ouest et l’accès aux ressources de l’Arctique. Les pays riverains de l’océan Arctique pour la plupart exportateurs de pétrole se sont engagés à régler leurs différends sur les plates-formes continentales et la souveraineté des eaux du Québec et du Groenland en se basant sur les règlements internationaux existants.
Gilles Couture, MBA

Consultant en montage financier

Québec

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