Dans le cadre de ses fonctions de directeur de VSO Canada, Danny Pelletier, a à négocier divers partenariats avec des représentants du gouvernement du Cameroun.
Volontaire québécois engagé dans l'entraide au Cameroun
Selon Danny Pelletier, directeur de l'organisme Volontaires en service outre-mer (VSO) Canada, l’ignorance et la honte sont aussi mortels que le VIH et le sida dans certains pays d'Afrique. C’est pour cette raison que le travail effectué au Cameroun par son groupe revêt une si grande importance à ses yeux. En apportant un important soutien administratif à des agences locales, les coopérants volontaires de VSO permettent à ces agences à combattre l’épidémie en offrant des programmes de santé, d’éducation et de soutien communautaire.
Situé en Afrique subsaharienne, la région du monde la plus touchée par le VIH et le sida, le Cameroun compte plus de 500 000 citoyens – en majorité des femmes – vivant avec le VIH. Cela représente environ sept p. cent de la population du pays.
Financés en partie par l’Agence canadienne de développement international (ACDI), des coopérants volontaires soutenus par VSO Canada, une agence de développement international, jouent un rôle important dans la lutte contre le VIH et le sida au Cameroun.
Après avoir consulté les Camerounais, VSO Canada a mis en place un programme à long terme visant à améliorer la qualité de vie de personnes vivant avec le VIH et le sida en milieu rural. Dans le cadre de ce programme, appelé SCARF, des coopérants volontaires travaillent avec des groupes communautaires avec comme but le renforcement de la capacité du pays à faire face à l’épidémie avec un minimum de soutien international.
Natif de Québec, Danny Pelletier dirige les opérations de VSO au Cameroun à partir d’un bureau à la capitale, Yaoundé. Il explique que VSO œuvre surtout dans deux des 10 provinces du pays : l’extrême-Nord, une région largement francophone, et le Nord-Ouest, une province largement anglophone. (Le Cameroun, comme le Canada, a comme langues officielles le français et l’anglais; mais contrairement au Canada, ce sont les francophones qui forment la majorité.)
Défis
Chaque province présente des défis qui lui sont propres. Ainsi, environ 8,7 % de la population de la province du Nord-Ouest est séropositive pour le VIH, ce qui représente au taux plus élevé que la moyenne nationale. Par contre, les gens sont assez aptes à se prendre en main.
Le taux de séropositivité est moins élevé en extrême-Nord, mais comme c’est la province la plus pauvre, et comme c’est une région de mentalité plus conservatrice, la honte associée au sida rend difficile le traitement de la maladie. «Les gens en milieu rural sont encore mal informés – et mal servis quand ils sont infectés», affirme M. Pelletier.
Il explique que si le sida continue de se propager au Cameroun, c’est une partie à cause du rôle secondaire que la société traditionnelle impose à la femme. Une femme qui demanderait à son mari de porter un condom, par exemple, risquerait d’être la victime de sa colère.
Les agents antirétroviraux sont, en ce moment, le meilleur traitement contre le sida.
Selon Pelletier, les tests de dépistage et les médicaments sont offerts dans les zones urbaines, et donc les gens en milieu rural souffrent parce qu’il est difficile – et coûteux – de voyager. Pour compliquer les choses, quand les citadins tombent malades, ils ont tendance à retourner dans leur village auprès de leur famille. Et à cause de la honte associée à la maladie, ils ne disent pas à leur famille de quoi ils souffrent.
Stigmatisation
«La stigmatisation des malades est un véritable fléau, affirme Danny Pelletier. Le sida étant perçu comme une maladie honteuse, les familles rejettent ceux et celles qui en sont atteints.»
Les citadins réussissent souvent à cacher leur séropositivité. Mais en milieu rural, où tout le monde sait ce qui se passe chez le voisin, la nouvelle se répand vite et les malades sont souvent abandonnés à leur sort par parents et amis. «J’ai vu des gens chez eux, seuls dans leur lit et laissés à eux-mêmes sans soins», lance M. Pelletier.
Pour cette raison, VSO forme des bénévoles camerounais pour leur montrer à passer par-dessus leur honte et travailler avec les malades. «Nous formons une communauté de gens pour prendre soin des malades et leur aider à avoir accès aux services. Nous aidons les communautés à mettre sur pied des structures qui permettront aux gens d’avoir accès aux services de santé», dit-il.
Des bénévoles camerounais visitent les malades et apportent avec eux des besoins essentiels, comme des draps, des moustiquaires pour prévenir le paludisme, et le savon. «Et, pour ceux n’ont pas été complètement rejetés, nous montrons soit à la famille, soit à un aidant naturel, à prendre soin des malades», ajoute le directeur de VSO.
Appui
L'organisme travaille aussi dans le secteur de la gouvernance, et enseigne aux Camerounais comment gérer leurs propres projets. Comme le rappelle Danny Pelletier, le Cameroun est riche en ressources, mais selon plusieurs observateurs le pays souffre d’être mal administré.
La corruption est omniprésente. L’organisme Transparency International, qui lutte contre la corruption, place le Cameroun au 138e rang sur sa liste de pays les plus corrompus, ex æquo avec le Pakistan et la Syrie. Le Canada occupe la 9e place sur la liste, tandis que les pires pays sont le Myanmar et la Somalie.
* (Source : VSO Canada)
michel Dessureault ( St-Laurent)
Commentaire mis en ligne le 9 février 2009Je cherche un organisme qui veut s'occuper d'envoyer du linge a des personnes au Cameroun qui n'ont rien ou presque. Ici la Société st vincent de paul jette au poubelles énormément de linge non vendu, propre, qui aiderait ces gens. Je connais une famille qui en a besoin avec urgence et qui ne sait pas ou se trouve un organisme international qui les aideraient. Voila. Merci