Partager leur passion pour la musique écossaise : voilà le défi que se sont lancés en 2001 les frères Dominic et Christian Haerinck, en mettant sur pied le groupe Crépuscule. Sept ans plus tard, les deux frangins ont de quoi être fiers. Non seulement ont-ils réussis à convaincre leur nouvelle comparse Marie-Noëlle Harvey de sauter à pieds joints dans l'aventure, mais ils viennent de lancer un second album, lequel se veut l'outil idéal pour propager leur contagieuse folie.
Contrairement aux formations musicales dites «régulières», ce n'est pas au son de la guitare, de la basse et de la batterie que le trio sème la joie de vivre. Tradition oblige, c'est plutôt à grands coups de harpe, de cistre et de cornemuse que les musiciens de Québec partent de spectacle en spectacle à la conquête de nouveaux publics. Des amateurs sans cesse plus nombreux, comme en fait foi l'été fort chargé que vient de connaître le groupe, lui qui s'est notamment produit sur la scène d'Espace 400e.
Profitant de cette vague, le trio auquel se joignent à l'occasion des musiciens invités a lancé, il y a quelques jours à peine, son deuxième opus. Une œuvre intitulée
Shades of Music, sur laquelle se retrouvent 13 titres qui se veulent autant de voyages et de prétextes à faire la fête. Heureux mélange de compositions et de pièces plus traditionnelles, le résultat final a cette qualité d'accrocher un sourire à celui qui y prête l'oreille.
«Il y a maintenant près de deux ans que nous planchions sur le projet, de mentionner Christian. Puis, de fil en aiguille, les astres se sont alignés. En est résulté un album plus complet aux rythmes très punchés. Franchement, nous en sommes ravis.»
D'avouer les deux frères, il n'est pas toujours évident de pratiquer des instruments suscitant autant de curiosité. En ce sens, Christian se souvient de quelques expériences à titre d'amuseur public, pour lesquelles il n'hésitait pas à revêtir le kilt question d'ajouter à la personnalité de son personnage. «Je faisais juste sortir mon instrument du sac et les gens s'arrêtaient, se rappelle-t-il. Après les numéros, je devais systématiquement répondre à plusieurs questions.»
Les réponses à ces questions, l'artiste les dénichait dans les livres. Tout comme les notions relatives à la pratique de son instrument, puisque la ville de Québec ne compte que quelques rares cornemuseurs.
«Au début, je ne jouais pas des notes; je jouais des sons, avoue-t-il. J'avais beau pratiquer, l'instrument ne sonnait pas. C'est pourquoi il a fallu que je m'exerce avec une petite flûte, en tous points semblable à une flûte à bec. Et les résultats ont récompensé ma persévérance».
Idem pour Dominic, qui a lui aussi appris par lui-même l'art de la harpe néo-irlandaise. «Vive les cassettes et les livres», lance celui qui n'a pas hésité à s'exiler quelques semaines au Cap-Breton afin d'apprendre le langage gaélique écossais.
Aujourd'hui, nul doute que lui et son frère maîtrisent leur instrument respectif. Vous souhaitez en témoigner? Deux options s'offrent à vous : mettre la main sur l'album
Shades of Music, disponible chez Sillons le disquaire et au
www.crepuscule.ca, ou assister au prochain spectacle du groupe Crépuscule, qui grimpera sur les planches du Vieux Bureau de poste de Saint-Romuald, le 17 octobre à 20 h.