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Pour l’amour du théâtre, elle vire…

Article mis en ligne le 9 septembre 2008 à 21:30
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Pour l’amour du théâtre, elle vire…
À toute personne sensibilisée et désireuse de revivre de beaux moments, lexiques dans un vocabulaire de grande classe qu’on lui connaissait depuis nos cours de théâtre, la pièce «Elvire Jouvet 40» envoûte aux dires de Lorraine Côté, metteure en scène.
La troupe créative «Théâtre Niveau Parking» présente, du 9 septembre au 4 octobre 2008, au Théâtre Périscope, une pièce classique remodelée dans un texte de Brigitte Jacques.

Pour lui, elle a tout donné. Dans un décor austère, un professeur austère, la Seconde guerre mondiale bat son plein et le théâtre aussi. Done Elvire met tout son talent au service de ce Maître Jouvet, interminablement insatisfait. Lui tenir tête, jusqu’à ce qu’un verdict positif tombe enfin.

Un climat de suspicion régnait au Périscope, sur ce professeur au style «hitlérien», qui n’en finissait plus de réciter à la place de son élève parfois hésitante devant son Dom Juan, insouciant et impassible. Michel Nadeau et Marianne Marceau ont fait la démonstration, que ce n’est qu’avec de longues heures de travail et de répétitions, que l’on vient à bout d’un rôle dramatique.

Une prestation remarquable qui nous a tenus sur le bord de notre siège près de quatre-vingt-dix minutes sans entracte. Ces répliques solides, profondes ont valu des applaudissements soutenus à tous les acteurs de cette pièce, incluant la participation de Hugues Frenette et Israël Gamache. Les spectateurs ne seront pas prêts d’oublier Louis Jouvet, ce dramaturge classique qui s’est fait connaître dans les années 40, tant par son talent, que par sa manière brusque d’enseigner efficacement le théâtre.

La pièce a atteint son paroxysme, lorsque son élève a répété seule devant la sentinelle et a crié dehors, toute sa conviction qu’elle réussira même devant ce maître intransigeant. Elle a magnifiquement réussi, et ce, grâce à son professeur qui n’avait qu’un but : former de grands comédiens capables de faire vivre les mots en évacuant son corps le plus possible. Toujours se dépasser, recommencer sans se lasser jusqu’à perfection. Encore une pièce de Molière à découvrir! Le théâtre est une école qui replace l’humain dans un seul sentier : la réussite!

Bravo à toute l’équipe, sans oublier Isabelle Larivière, qui par ses costumes, a redoré le blason de cette époque difficile. La musique de Stéphane Caron a su nous faire revivre concrètement tout ce climat inhumain qui régnait sur l’Europe en 1940. Malgré le bruit des obus incessants, l’actrice était imperturbable : mais elle n’a pu jouer, elle était juive.

* (Collaboration spéciale : reportage en duo Paul-André Simard et Line Turcotte)

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