Une vitre arrière d'automobile a été fracassée sous la pluie de roches.
Unibéton fait sauter la marmite
Deux toitures perforées, plusieurs vitres de maisons et d'automobiles fracassées, des pierres d'environ 30 centimètres soufflées dans les airs jusqu'à 400 mètres de la carrière par un dynamitage raté qui aurait pu causer des victimes chez des piétons dans les rues et parcs avoisinants. L'entreprise Unibéton de Beauport a fait sauter la marmite chez des résidents du secteur sud de la rivière Beauport, la semaine dernière, à un point tel que plusieurs voudraient bien voir cesser à jamais les activités de la compagnie.
Déjà perturbés par les secousses de plus en plus fortes subies au cours des dernières semaines, le bruit de la machinerie lourde et des concasseurs qui affecte leur qualité de vie dès 6h30 jusqu'à 23h, les résidents des alentours n'ont vraiment pas apprécié cet incident qui a littéralement fait déborder le vase. Assez pour que le maire de Québec, Régis Labeaume, se pointe sur les lieux mercredi dernier pour rencontrer les sinistrés afin de leur garantir la sécurité.
«C'est bien beau la sécurité, mais le gros problème demeure la poussière et le bruit, surtout que la compagnie veut maintenant faire passer ses camions encore plus près de la rue Chabanel pour se rendre au nouveau site de dynamitage au fond de la carrière. Des gens ont lancé l'idée de faire revivre l'ancien comité de citoyens, mais après cinq ans il a cessé d'exister parce que la compagnie ne voulait jamais rien savoir de ses doléances. Cette formule est de la poudre aux yeux», affirme un résident, Pierre Ménard, qui a aussi été témoin de nombreux déversements d'eaux usées de la carrière dans la rivière Beauport. «Cette entreprise a tous les droits et j'ai bien hâte que ça cesse!»
Invité à livrer les derniers développements dans ce dossier épineux pour l'entreprise, le directeur général de Unibéton, Yvon Fortin, a tenu à rassurer les citoyens en affirmant que le dynamitage sera suspendu encore pour quelques jours, le temps que des inspecteurs de la Commission de la santé et de la sécurité au travail (CSST) et du ministère de l'Environnement déposent leurs rapports d'enquête. Pour la poussière et le bruit, rien, sinon que la compagnie plane sur des projets pour encore 25 ans…