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Fuite en avant des Conservateurs

François Cattapan par François Cattapan
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Article mis en ligne le 4 septembre 2008 à 15:30
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Fuite en avant des Conservateurs
La récente parade des chefs de partis d'opposition chez le premier ministre du Canada a suscité plusieurs interrogations, voire certains sarcasmes chez les analystes de la scène politique fédérale. C'est qu'au moment d'écrire ces lignes, les intentions plus ou moins cachées et valables des Conservateurs pour précipiter une élection ont l'heur d'en laisser plus d'un perplexes. Il faut admettre qu'on est loin de l'adage populaire voulant que : ce qui se conçoit bien s'énonce clairement!

En effet, l'argument principal de Steven Harper pour amener les électeurs aux urnes à mi-parcours réside dans l'affirmation gratuite que le parlement ne fonctionne plus. Les raisons évoquées seraient que les partis à Ottawa ne collaborent plus, que le système parlementaire est bloqué et, surtout, que la menace plane pour qu'à tout moment l'opposition renverse le gouvernement minoritaire. Dans ces conditions, aussi bien prendre l'initiative et repartir sur de nouvelles bases, afin que les citoyens soient mieux servis par leurs institutions démocratiques.

Le hic derrière autant d'intentions nobles, c'est que le premier ministre Harper a non seulement accepté la volonté du peuple, il y a deux ans, mais en plus, il a fait adopter une loi promulguant des élections à date fixe. Cette initiative visait justement à éviter que le parti au pouvoir ne tire avantage du calendrier politique et qu'il déclenche des élections lorsque le moment lui apparaît le plus favorable. Or, n'est-ce pas exactement ce que tentent de faire les stratèges du Parti conservateur?

Autre incongruité, les récents sondages font admettre aux Conservateurs eux-mêmes que le prochain gouvernement fédéral pourrait très bien être à nouveau minoritaire. Dans ces circonstances, il est difficile de saisir l'empressement d'aller en élections pour aboutir à un statu quo. Qui plus est, la campagne électorale n'est même pas encore annoncée que l'équipe gouvernementale lance une vaste opération publicitaire télévisée pour vanter ses mérites et réalisations. Difficile d'être davantage en contradiction avec la thèse du gouvernement dysfonctionnel et du blocage systématique.

Ce qui amène à se poser la question sur la véritable raison de cette précipitation, pour ne pas dire cette fuite en avant des Conservateurs. Lorsqu'on considère les retombées potentiellement négatives des affaires Mulroney-Schriber, Bernier-Couillard, ainsi que Cadman, sans oublier l'enquête sur les pratiques de financement électoral, on y trouve peut-être quelques éléments de réponse. Bref, parfois mieux vaut profiter du temps clair, avant que le ciel ne s'assombrisse…

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