Articles à vendre | Vente aux enchères | Appel d'offres | Emplois | Circulaires | Nos Hebdos | Interurbain | Rencontre en ligne | Weblocal
Québec Hebdo
Tribune Libre
Envoyer ce texte à un ami Imprimer cette page Réagissez à cet article

Après la Révolution tranquille, l'Involution tranquille

Article mis en ligne le 14 août 2008 à 6:30
Réagissez à cet article
Après la Révolution tranquille, l'Involution tranquille
Je ne vous cacherai pas avoir été un temps séduite par l'ADQ. Or c'est précisément parce que ce Parti ne cesse de déclamer des propos comme ceux du député Sylvain Légaré rapportés par Le Devoir du jour que je ne pouvais plus m'associer, en aucune façon, à cette formation politique.

Banaliser de la sorte le symbole fondamental du Québec - «Pas grave! : on pourra pavoiser les couleurs une autre fois.» (disons que je transcris l'idée du député dans mes mots, mais en demeurant toutefois fidèle à celle-ci) - en faire une histoire étroitement partisane en attaquant au passage la cheffe du Parti Québécois, ensuite, et enfin, last but not least, profiter de l'occasion pour faire la promotion de la grande liberté (!) qui règne dans ce beau Canada (j'imagine que c'est pour « ça » qu'il y est si difficile d'y être reconnue dans notre singularité québécoise, et que c'est également en vertu de cette « liberté » que ce plussss meilleur pays du monde est incapable d'affronter nos référendums de manière rigoureusement démocratique...), banaliser de la sorte le drapeau du Québec, dis-je, participe d'une vision non seulement déprimante et aveugle (et sans issue hormis la lâche sujétion nationale à ce grand tout anglo-canadian, voire american), mais s'insère aussi dans une conception suicidaire (on appréciera l'oxymore) de l'avenir du peuple que nous incarnons.

En un mot : cette attitude d'éternel colonisé (« Acceptons cette millionième gifle : demain sera un autre jour... »), qui constitue hélas le fond de commerce de l'Action démocratique du Québec (l'intervention ô combien maladroite et obtuse de M. Légaré n'en est qu'une illustration parmi cent autres au fil des mois et des années), m'a non seulement définitivement éloignée de ces gens-là, mais me rend même honteuse d'avoir été, ne fût-ce qu'un instant, « attirée » par eux.

Mais où est donc, je vous le demande, le jeune Mario Dumont qui eut le courage et la détermination, il y a presque 20 ans déjà, de s'opposer au premier ministre Robert Bourassa et à ce Parti Libéral dont les intérêts canadiens (et c'est plus vrai que jamais - quel extraordinaire déshonneur! - avec Jean Charest à sa tête) « priment » par définition, et en tout temps, les intérêts supérieurs de la nation québécoise?

Si la France (anglaisée à l'os dans toutes les strates de sa société) n'est plus que l'ombre d'elle-même depuis la disparition de son grand « Général » (le mitterrandisme, dont on attendait tant, aura tôt fait de l'enfoncer plus encore; sans compter l'insignifiance et la corruption qui s'ensuivirent, tous partis confondus), le Québec par ailleurs n'a plus de leçon (notamment de dignité) à donner à personne. Avec un Parti ministériel inféodé à Ottawa, un Parti d'Opposition officielle qui chaque jour légitime cette attitude d'asservissement volontaire, et un troisième Parti, enfin, qui prône la démission tranquille (en dépit de mon respect, sincère, à l'égard de madame Marois), ma québécitude sombre chaque jour un peu plus dans le courroux.

Et la désespérance. Tout ce fabuleux travail un demi-siècle durant pour aboutir à un objecteur d'avenir du nom de Jean Charest : c'était donc « ça » le « Grand Soir » de « L'An I » de Félix??? Et on se demandera ensuite pourquoi notre jeunesse reste la grande championne mondiale du suicide...

Après la Révolution tranquille, l'Involution tranquille??? Après avoir été des décennies durant si beau comme Peuple, un pareil gâchis relève de la Tragédie. Euripide lui-même en eût fait ses choux gras.
Marie-Louise Lacroix, Québécoise tout simplement

Ces articles pourraient également vous intéresser

Vos commentaires

Nom complet:
(requis)


Adresse courriel:


Vos commentaires :
(requis)


Svp inscrire le mot affiché ci-dessus Impossible de lire le mot?

Svp inscrire le mot affiché ci-dessus:


Delarochelle

Commentaire mis en ligne le 15 août 2008

Je partage sans détour votre position, Mme Lacroix.

Aussi est-il toujours dommage de voir les Monique Métivier de ce monde réduire (également) le phénomène à une guéguerre de drapeaux.

Lorsqu'il est demandé aux couleurs québécoises de demeurer au fond de la garde-robe, sinon de la poubelle, et que notre premier ministre Charest (ainsi que la vice-première ministre, en la personne de Michelle Courchesne) ne voient là aucun problème, non seulement demande-t-on au peuple québécois de se faire invisible, mais notre propre Gouvernement considère que ce n'est là que normalité, voire... justice !

Banaliser cet extraordinaire affront à la nation québécoise n'a rien à voir avec une guerre de drapeaux (ou de chiffons !). Aussi est-ce là faire preuve d'une extraordinaire myopie politique.

Et il est bien triste de constater qu'il y a toujours des Monique Métivier pour estimer l'invisibilité réclamée du Québec comme étant tout à fait justifiable.

Quelle extraordinaire cécité tout à la fois historique et, plus largement, intellectuelle.

Chez nos voisins


La question du net

  • À votre avis, la campagne électorale provinciale est-elle trop exclusivement orientée sur l'économie?
  • Oui
  • Non