Steeve Verret, conseiller de Saint-Émile et président de l'Arrondissement La Haute-Saint-Charles, croit que Québec aurait tout à gagner en suivant l'exemple de Trois-Rivières.
Et pourquoi pas un PEPS dans l'est de la ville?
Plutôt que d'éparpiller les projets d'arénas, de piscines et de terrains de soccer et de football, Steeve Verret propose de suivre l'exemple de Trois-Rivières et de regrouper le tout sous un même toit dans l'est de la ville. Un partenariat avec les commissions scolaires permettrait d'assurer une utilisation optimale de cet équipement qui deviendrait une référence en la matière.
Il n'y a pas à en douter, les besoins sont là: piscine, aréna, terrain de soccer, terrain de football, etc. L'administration Labeaume prévoit investir une centaine de millions $ au cours des prochaines années pour mettre à niveau les équipements sportifs.
Dans les plans de la Ville, figurent la démolition de l'aréna Gilles-Tremblay et la conversion de l'aréna de Giffard en complexe de soccer intérieur à sept joueurs. On construirait un nouvel aréna de deux glaces à l'arrière de la bibliothèque Étienne-Parent, sur la rue Clémenceau. Un terrain synthétique de soccer jouxterait le nouvel aréna. De plus, la Ville prévoit s'associer à l'Externat Saint-Jean-Eudes pour la construction d'une piscine.
Ces choix font sourciller Steeve Verret, conseiller du district de Saint-Émile et président de l'Arrondissement La Haute-Saint-Charles. «Nous allons encore distribuer à gauche et à droite, pour faire plaisir à tout le monde et ça va coûter plus cher pour rien. Pourtant, l'exemple à suivre est tout juste à côté de chez nous, à Trois-Rivières.»
Cet exemple, c'est le Centre sportif Alphonse-Desjardins d'une superficie de 235 000 pieds carrés et qui abrite une patinoire olympique, le plus grand terrain synthétique de soccer intérieur en Amérique du Nord, dix gymnases multifonctionnels, une salle de conditionnement physique, un centre de santé, un centre d'affaires, trois restaurants et un bar-lounge, des plateaux pour le tir à l'arc, le basketball, le tennis de table et même des monticules de baseball. Le tout a nécessité un investissement de 40 M$ et a vu le jour en moins de cinq ans.
«Je me demande si on fait les bons choix à Québec, s'interroge M. Verret. Pour 40 M$, Trois-Rivières s'est dotée d'un des meilleurs équipements en Amérique, Lévis avec 7 M$ a déjà un stade de soccer intérieur, et nous, nous sommes rendus à 15 M$ pour le stade Chauveau et il n'est même pas encore construit.»
Une association avec le milieu scolaire
«L'un des éléments qui a fait le succès du Centre Alphonse-Desjardins, c'est son partenariat avec la commission scolaire et le secteur privé. Pourquoi ne pourrait-on pas faire la même chose à Québec?», poursuit Steeve Verret.
Celui-ci voit d'ailleurs une belle occasion d'atteindre cet objectif avec le projet de l'Externat Saint-Jean-Eudes. L'établissement privé prévoit ériger un complexe multisports intégrant un gymnase triple, un gymnase simple et trois surfaces synthétiques pour la pratique du soccer et du football.
Encore une fois, l'exemple de Trois-Rivières pourrait servir de guide. «Les installations sont ouvertes à toute la population, mais de 8h30 à 15h, elles sont réservées aux écoles. Tout le monde y met du sien et tous sont gagnants: la ville a des équipements pour les citoyens, la commission scolaire pour ses élèves, et même les associations sportives récoltent les redevances des commerces du Centre sportif, renchérit M. Verret en se disant prêt à collaborer avec l'administration Labeaume. L'exemple existe, il est seulement à 1h30 de route. Pourquoi ne pas appliquer ici ce qui fonctionne ailleurs?»
La population de l'est de la ville pourrait ainsi jouir d'un équipement aussi diversifié que le PEPS de l'Université Laval. «Plutôt que d'investir dans plusieurs petits projets, concentrons-nous plutôt sur un projet d'envergure. À terme, c'est plus économique et c'est plus prometteur», insiste Steeve Verret.