L’arrondissement historique du Vieux-Québec fait partie, depuis 1985, de la liste des sites du patrimoine mondial de l’UNESCO.(Photo Luc Fournier)
Le statut de site du patrimoine mondial de Québec menacé?
Le GIRAM craint qu’un port méthanier pousse l’UNESCO à rayer Québec de sa liste
Le Groupe d’initiatives et de recherches appliquées au milieu (GIRAM) s’inquiète du sort qui pourrait être réservé à la ville de Québec à la suite de l’installation du port méthanier à Lévis. Certaines villes qui figurent actuellement sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO pourraient se voir rayées de la liste suite à l’édification d’infrastructures jugées nuisibles. On craint le même sort pour Québec.
Parmi ces villes menacées d’exclusion, le statut de Dresde en Allemagne est à l’étude. Le projet de construction d’un pont à quatre voies enjambant la vallée de l’Elbe, un joyau historique, a récemment été accepté en référendum. Si la construction a bel et bien lieu, le site se verra exclu de la liste, a-t-on décidé cette semaine à Québec. Le statut de Saint-Pétersbourg pourrait aussi être menacé par la construction du siège social de Gazprom, dont on dit qu’il porterait ombrage au profil de la cité historique.
Ce que craint le GIRAM, c’est qu’un scénario semblable se produise à Québec. L’arrondissement historique du Vieux-Québec fait partie, depuis 1985, de cette prestigieuse liste, parmi les Taj Mahal, Grande muraille de Chine et Acropole d’Athènes de ce monde.
L’UNESCO réunie dans la capitale
En visite chez nous, du 2 au 10 juillet, pour se pencher justement sur les nouveaux candidats à cette liste des biens ou sites culturels et naturels mondiaux, l’UNESCO a dévoilé 27 nouveaux sites, mardi dernier. Parmi eux se trouvent les falaises fossilifères de Joggins, qui bordent une partie de la Nouvelle-Écosse. Toutefois, il n’a été nullement question de changement au statut de Québec, a indiqué au QUÉBEC HEBDO Roni Amelan de l’UNESCO.
Le retrait d’un bien ou d’un site constituant le patrimoine culturel et naturel mondial est chose rare. En fait, ce n’est arrivé qu’une fois dans le passé qu’on en arrive là, à l’Oman, un pays situé aux abords de l’Océan indien, à l’est de l’Arabie Saoudite. Le pays avait décidé de réduire de 90% un sanctuaire où vivent des Oryx arabe, un animal menacé d’extinction. Une autre raison a été évoquée par l’UNESCO : «les projets de prospection d’hydrocarbures détruiraient la valeur et l’intégrité du bien…» De quoi faire réfléchir les autorités gouvernementales, qui ont donné le feu vert aux dirigeants du projet Rabaska, en octobre dernier pour le gouvernement du Québec et en mars pour le gouvernement canadien.
Seulement trois sites québécois figurent dans la prestigieuse liste du Patrimoine mondial de l’UNESCO : le Parc national de Miguasha, en Gaspésie, le canal Rideau, dans la région d’Ottawa, et l’arrondissement historique du Vieux-Québec.
Richard Tremblay
Commentaire mis en ligne le 16 juillet 2008Laissons l’UNESCO tranquille.
Le représentant du comité sur les sites patrimoniaux mondial, M.Roni Amelan de l’UNESCO dit : «les projets de prospection d’hydrocarbures détruiraient la valeur et l’intégrité du bien…».
Faisant référence au pays d’Oman, ce dernier avait décidé de réduire de 90% un sanctuaire où vivent des Oryx arabe pour permettre des travaux de prospection pétrolière. C'est-à-dire que cette manœuvre permettait de réduire la surface de la réserve naturelle pour soustraire des aires du parc de l’interdiction de travaux de prospection pétrolier. Ce qui pourrait être une procédure douteuse pour la protection des Oryx.
Mais comment comparer des travaux de prospection pétrolière dans une réserve naturelle et l’établissement d’une infrastructure gazière sur le territoire de la ville de Lévis?
Il est certain que l’organisme de l’UNESCO n’aurait eu aucun problème avec des travaux de prospection si ces derniers fussent localisés à l’extérieur des limites initiales de la réserve des Oryx.
Considérant l’ensemble du processus décisionnel par lequel le projet RABASKA a été sujet, il n’y a aucun doute que les autorités en place ont parfaitement assimilé et identifié le projet de port méthanier. Et elles s’assureront que RABASKA considère toutes les préoccupations valables pour en faire le meilleur projet possible considérant toutes les lois, les normes et les responsabilités envers environnement dont nous faisons parti.
Richard Tremblay (Lévis)