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Réalités urbaines et apport irlandais il y a près de deux siècles

Un brin d'histoire avec… la Société historique de Québec

Article mis en ligne le 6 juillet 2008 à 15:00
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Réalités urbaines et apport irlandais il y a près de deux siècles
Les Irlandais ont façonné l'histoire de Québec au temps de la colonie.
Réalités urbaines et apport irlandais il y a près de deux siècles
Un brin d'histoire avec… la Société historique de Québec
Lors de l’adoption, en 1833, de la charte incorporant le premier conseil de ville de Québec, Québec comptait une population de 39 026 habitants. C’était alors la ville la plus ancienne et la plus populeuse du pays. En 1847, la population catholique irlandaise avait atteint un chiffre qui pouvait se trouver entre 10 000 et 12 000 personnes.
En 1851, l’abbé MacMahon mourut. Ce grand chef spirituel des Irlandais de Québec a été inhumé dans le choeur de l’église qu’il eut tant de peine à faire construire. Deux tablettes commémoratives, l’une en cuivre et l’autre en marbre, rappellent son souvenir de ce pasteur. L’abbé James Nelligan lui succéda.

En 1856, la Législature de la province de Québec adopta un projet de loi qui visait à incorporer les catholiques de langue anglaise de la ville de Québec, et, ainsi, l’église de Saint-Patrick obtint ses droits de former une paroisse, au détriment de celle de Notre-Dame de Québec. Puis la population irlandaise de Québec déménagea de lieu. Elle alla s’établir, en partie, dans le faubourg Saint-Jean-Baptiste, puis, progressivement, à Sillery et à Sainte-Foy.

Jusqu’à la fin des années 1950, ces Irlandais parcouraient parfois la distance considérable qui séparait leur résidence de l’église Saint-Patrick de la rue MacMahon, au coeur du quartier latin, pour y entendre la messe dans leur vieille église, leur «Old Church». L’église irlandaise de Saint-Patrick a été fréquentée par les Irlandais de Québec durant 125 ans, soit de 1833 à 1958, année où fut terminée la construction de la nouvelle église sur la Grande-Allée.

À partir de ce moment, l’église de la rue MacMahon, peu à peu abandonnée par ses fidèles qui fréquentaient dorénavant le temple de la Grande-Allée, fut, au début des années 1960, désaffectée. Puis, elle fut par la suite laissée à la merci des vandales, qui y mirent le feu en 1971. Le ministère des Affaires culturelles du Québec autorisa même, en 1974, la démolition de la structure de l’édifice.

Le nom de cette paroisse est revenu récemment, en 1986, à l’actualité quand un promoteur de Québec, Laurent Gagnon, a livré au pic des démolisseurs la nouvelle église Saint-Patrick, sur la Grande-Allée, à Québec, afin d’y construire un complexe résidentiel de prestige. Et ce, malgré les poursuites judiciaires de nombreux citoyens du quartier de l’Îlot Saint-Patrick qui s’y opposaient… L’église de Saint-Patrick fut, toutefois, reconstruite, tout près de là, sur la rue Salaberry.
Désordre et fête
En l’absence de constables, la police militaire faisait le guet… Les «pick-pockets», tire-laine et autres personnages acoquinés s’en donnaient alors à coeur-joie, grâce aux menaces simulées de leurs pistolets sans amorce et de leur «liche-coquin». Les chevaliers servant de leur charmante épouse ou de leur timide promise exhibaient avec fierté leur solide gourdin ou leur fameuse canne-épée qui, jamais, de mémoire d’homme, n’était sortie de son fourreau… Des gamins, cachés derrière un monticule de neige, s’exerçaient à démolir avec un glaçon le beau gibus tout neuf des messieurs «de la haute», dont la figure ne leur plaisait pas… Tout cela au milieu des rires et des quolibets…
Aux jours du Carnaval ou Mardi-Gras, tout Québec, au grand désespoir de ses pasteurs, était en fête. La ville entière était dehors pour voir défiler la procession aux flambeaux, précédée des brigades de pompiers volontaires traînant toujours à force de bras leurs petites voitures à boyaux à incendies. Les rires perlés des femmes fusaient dans le ciel clair, au son joyeux des grelots des fringants attelages…

* (Collaboration spéciale Raymond Laberge, historien)

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