Denis Bastien, Chef familial responsable de la chasse et Max «One-Onti» Gros-Louis, Grand Chef de la Nation huronne-wendat, sont bien décidé à régir de leur propre initiative la chasse au gros gibier faite par leur communauté.
Retour aux droits ancestraux sur la chasse
La Nation huronne-wendat mécontente de l’inaction du gouvernement
À la suite d’une entente signée en 1995 entre le Gouvernement du Québec et les membres de la Nation huronne-wendat, ces derniers détiennent des droits spécifiques et exclusifs en matière de chasse. Ils peuvent chasser l’orignal dans la réserve faunique des Laurentides après la période de chasse de l’ensemble des Québécois. Toutefois, certains membres de la Première Nation innue de Mashteuiatsh chassent sur le territoire réservé pendant cette période aux Hurons-wendat, sans n’avoir conclu aucune entente avec le gouvernement. Face à l’inaction du gouvernement, qui n’applique pas les sanctions nécessaires pour faire respecter l’exclusivité de la chasse aux Hurons-wendat, ces derniers ont décidé de régir de leur propre initiative la chasse au gros gibier et d’étendre leur saison de chasse de septembre à décembre.
Avant cette annonce faite jeudi passée, plusieurs rencontres infructueuses entre le gouvernement et les autochtones de Wendake ont eu lieu. Ces derniers, après avoir tenté un ultime recours avec le premier ministre Jean Charest, disent avoir épuisé tous les mécanismes de dialogue existants. Une offre a bien été proposée par le gouvernement, mais il n’était aucunement question de la saison 2008, les propositions étant projetés pour 2009.
Faute de résultats respectables et satisfaisants, aux yeux des Hurons-wendat, ceux-ci ont donc décidé d’«exercer [leurs] activités dans le cadre de [leurs] droits ancestraux et de [leurs] droits issus de traités reconnus à l’unanimité par les neuf juges de la Cour suprême du Canada en 1990», a précisé le Grand Chef Max «One-Onti» Gros-Louis. Selon lui, la pierre d’achoppement ne réside pas au niveau des ministres, qui ont toujours bien collaboré. Cela dépendrait plutôt des négociateurs du gouvernement, de «l’étage d’en dessous». Le Grand Chef ajoute même que «les négociations se sont faites sans respect, par des gens de mauvaise foi.» Toutefois, cette mésentente n’aura selon lui aucune conséquence sur les négociations en cours pour la réalisation d’autres projets sans lien avec la chasse.
Sans vouloir entrer en conflit avec les Montagnais qui vivent plus au nord et qui briment le droit exclusif des Hurons-wendat, M. Gros-Louis précise tout de même qu’il ne voudrait pas être blâmé de décimer la population de gros gibier par la faute d’autres chasseurs non-autorisés. Il a tenu à préciser que les Hurons-wendat se doteront prochainement d’un code de pratique qui encadrera leurs activités de chasse et que celle-ci se fera «dans le respect et la sécurité des différents utilisateurs du territoire et dans une approche de saine gestion de la faune et de développement durable pour les générations futures». Les Hurons-Wendat tuent en moyenne 60 orignaux par année, en octobre, après la période de chasse contingentée des Québécois.