Les baignoires d’autrefois ressemblaient plutôt à une cuve et n’étaient apparemment pas conçues pour la relaxation. (Photo gracieuseté Société historique de Québec)
Questions environnementales : quand le passé rattrape l'avenir
L’environnement, au fil des ans, est devenu au centre de nos préoccupations et il est maintenant normal de poser chaque jour, voire plusieurs fois par jour, des petits gestes verts. Toutefois, au temps de la colonisation et dans les décennies suivantes, ce concept était pratiquement inexistant. Ces actions posées en vue d’améliorer les conditions de vie des colons étaient plutôt de l’ordre de la salubrité et de l’hygiène.
Il est vrai qu’à cette époque, les émissions polluantes industrielles et liées au transport ne faisaient pas partie du décor de la Vieille Capitale. C’est seulement vers le milieu du XIXe siècle qu’on a commencé à s’intéresser plus sérieusement aux questions concernant la salubrité et la qualité de vie. Et cet intérêt n’est pas étranger aux découvertes de Louis Pasteur, entre 1850 et 1870, en particulier sur les germes et la façon dont ils se propagent.
L’éducation sanitaire au Québec
Dès 1857, le Journal de l’instruction publique mettait de l’avant une chronique intitulée «Hygiène et médecine des enfans» (sic), dont les écrits provenaient d’un journal parisien. Vint ensuite le Journal d’hygiène populaire, basé à Montréal, qui diffusait les avancées, à l’époque parfois contradictoires, de la médecine et de la science en général.
C’est alors que fût créée la Société d’hygiène de la province de Québec, qui avait pour but d’informer les habitants des bonnes habitudes de vie à prendre quotidiennement, principalement par rapport à l’hygiène personnelle ainsi que la bonne tenue des hôtels et pensions de la ville, nombreux à cette époque.
D’ailleurs, ces endroits étaient étroitement surveillés par le Conseil provincial d’hygiène, fondé en 1915. La Gazette officielle de Québec mentionne même une loi, en 1917, qui vise l’amélioration des chambres. «Toute salle d’échantillons doit être tenue dans un état parfait sous le rapport de l’hygiène, et pourvue de crachoirs, qui devront être nettoyés tous les jours.» Le crachoir est ici signe d’un endroit bien tenu, un signe éloquent que les temps changent…
L’hygiène est aussi souvent reliée à la morale, et donc à la religion. Du côté de l’Église, on invite ainsi les gens à prendre soin de leur logis et surtout de leur hygiène corporelle, puisqu’il colporte des informations quant à la morale et est signe d’une famille de bonnes mœurs. D’un point de vue plus général, l’hygiène d’un peuple est synonyme de progrès social, à l’image de l’environnement, de nos jours. Joseph-Israël Desroches écrivait même, dans le Journal d’hygiène populaire, que «la connaissance populaire des vrais principes et des saines doctrines de l’hygiène fait ressortir dans tout son éclat la formule du progrès.» Près de 100 ans plus tard, l’amélioration de la qualité de vie est toujours au centre des préoccupations, quoique d’un angle assez différent…