Pour Samuel Murdock, directeur artistique de P572, la musique est d’abord et avant tout une histoire d’amour. (Photo Karine Bouchard)
De la porte 572 à la 1re Avenue
Ils ont trouvé refuge dans la ville de Québec, et ne sont pas prêts de quitter leur nid chéri. Littéralement tombés sous le charme de la veille-capitale, les maîtres d’œuvre de l’étiquette de disques P572 promettent d’y demeurer longuement, eux qui ont élu domicile sur la 1re Avenue.
«Je suis en amour avec Québec, confie Samuel Murdock, directeur artistique de P572. Même d’ici, de nos locaux, on peut voir l’immense «400» qui shine!» Après avoir roulé sa bosse dans le quartier Saint-Roch pendant quelques années, la petite entreprise a déménagé ses pénates en plein cœur de Limoilou, l’été dernier. À l’origine, elle logeait à la porte 572 de la rue Horatio-Nelson, d’où le patronyme de l’étiquette, P572.
Depuis sa création, en 2004, l’entreprise a planché sur la création de 31 disques. Millimetrik, Jane Ehrhardt, Les Goules et (swedish) Death Polka font partie de ses protégés.
Pour Samuel, la musique est d’abord et avant tout une histoire d’amour. Un récit empreint de profondeur et parsemé ici et là de jolies choses. Musicien depuis ses jeunes années, il s’est graduellement converti en directeur musical. Il se fait un devoir de créer chaque jour la plus jolie chose qu’il soit possible de faire en ce bas monde. Et c’est ce qui, selon lui, fait la force de l’étiquette. «Il faut que le disque soit exceptionnel et que les gens remarquent les petits détails sur la pochette», affirme celui qui tient à prendre part à tous ses projets, soit en tant que musicien ou concepteur.
Possédant dans son large réseau d’amis de nombreux artistes et illustrateurs, le directeur artistique n’hésite aucunement à faire appel à leur talent le moment venu. Aux deux principaux chefs d’orchestre de l’entreprise – Samuel et son collègue, Sébastien Leduc – s’est greffé au fil du temps une panoplie de collaborateurs. S’est ainsi bâtie une famille, un milieu de vie. «P572, c’est une espèce d’identité, ici, c’est comme dans une maison. On habite ici, on fait des spectacles ici, on enregistre, on conçoit… On fait tout de A à Z», illustre Samuel.
Pas facile cependant de faire sa marque dans «l’industrie» de la musique. Un défi de taille qui n’effraie pas le directeur artistique. «C’est un beau challenge de vivre d’une compagnie de disques au Québec, souligne-t-il. C’est un puzzle inspirant. C’est possible de réussir. En fait, ouvrir une étiquette de disques, c’est un peu comme ouvrir un restaurant. Si tu n’y passes que deux heures par semaine, tu auras le résultat mérité. Moi, je travaille sept jours sur sept, 24 heures sur 24 heures.»