Outre le transport lourd, c’est la pollution auditive qui envenime le quotidien des résidents du secteur avoisinant la zone industrielle. (Photo Karine Bouchard)
Pétition pour une meilleure qualité de vie
La coalition Écho-citoyens vient de lancer une pétition, intitulée «Oui je veux une meilleure qualité de vie dans Limoilou». Cette dernière fait notamment suite aux nouvelles règles de zonage proposées par la Ville ainsi qu’au transport lourd du boulevard Henri-Bourassa.
Rappelons que le groupe de citoyens s’est donné pour mandat de défendre les intérêts des résidents du secteur de la zone industrielle de la Canardière. Diminution du camionnage et de la pollution auditive de même que l’amélioration de la qualité de l’air font partie de leurs revendications.
«Nous avons découvert que le transport lourd sur le boulevard Henri-Bourassa affecte un plus grand nombre de personnes que ce que nous avions cru au départ. Nous sommes en train de tisser des liens avec les citoyens des autres secteurs», souligne Jean-Yves Desgagnés, porte-parole d’Écho-citoyens. Afin de régler ce point litigieux, ce dernier propose de fermer le boulevard au transport lourd, et d’obliger les camionneurs à emprunter l’autoroute Dufferin-Montmorency. «Il y a un accès direct et une voie vers le port. En plus, aucune résidence n’y est logée à proximité», argue-t-il.
M. Desgagnés craint également l’éventuelle implantation de l’éco-centre dans la zone industrielle. Selon lui, l’arrivée de ce nouvel édifice ne pourrait qu’accentuer le camionnage. «On nous assure du côté de l’Arrondissement que ce ne sera pas le cas. Mais on fait quoi après avec ce qui a été trié?», s’insurge-t-il.
La construction probable d’un centre ICI (industriel, commercial et institutionnel) dans la zone fait en outre craindre le pire au porte-parole. «Alors que la fermeture de l’incinérateur est prévue en 2024, soit dans à peine 16 ans, on décide d’investir de bons montants dans des édifices établis à proximité. Ce n’est pas le temps de développer autour! Si on permet un tel développement, cela laisse supposer que l’incinérateur ne sera pas fermé au moment prévu», insiste le principal intéressé.
«La pression monte, s’empresse-t-il d’ajouter. Les citoyens ont l’impression que les élus ne défendent pas vraiment leurs intérêts. C’est clair qu’on va continuer les pressions.»
Harmonisation des règlements du zonage
Quelques membres d’Écho-citoyens ont assisté au dernier conseil de quartier de Maizerets, au cours duquel l’avant-projet de règlement d’harmonisation sur l’urbanisme a été présenté. Ils sont ressortis pantois de la rencontre. Bien qu’ils approuvent le fait que la Ville propose de restreindre l’activité industrielle dans le secteur, certains points les laissent de glace. «Nous constatons que les intentions sont nobles. Parmi les changements proposés, l’un consiste à faire en sorte que d’autres usines nuisibles ne puissent s’installer dans la zone. Mais celles qui y sont déjà garderaient des droits acquis, souligne M. Desgagnés. Ça ne règle pas notre problème.»
Une nouvelle «zone tampon» en bordure du chemin de la Canardière ne permettrait plus que des activités de type «C-40». Plus commercial qu’industriel, le secteur pourrait néanmoins accueillir des opérations diverses, tels des générateurs d’entreposage et des entreprises de maisons modulaires. «On nous a laissé entendre qu’on comprenait nos inquiétudes. Nous sentons une certaine sympathie du côté du conseil de quartier. Mais notre propre conseiller, qui est censé nous défendre, ne nous donne pas cette impression.»
Évaluations à venir
Le président de l’arrondissement de Limoilou et conseiller du district de Maizerets, Alain Loubier, se veut rassurant. Pour l’instant, assure-t-il, le projet de déménager la ressourcerie – ou éco-centre – dans la zone demeure au stade de l’intention. Aucune décision n’a été prise à ce sujet. «On ne peut même pas dire que c’est un projet, soutient-il. C’est une intention, rien de conclu ne se trouve sur la table.»
Même son de cloche en ce qui concerne le centre ICI. «Il est très difficile de savoir dans quel sens vont aller les choses, indique M. Loubier. L’intention est cependant d’implanter le centre près de l’incinérateur.»
L’augmentation du transport lourd dans le secteur avoisinant la zone industrielle étant la principale source de préoccupations du groupe de citoyens, le conseiller s’empresse d’être rassurant à cet égard. «Tel ne sera pas le cas. Je n’ai pas de chiffres ou de rapport à vous donner, mais je vous assure que ça ne se traduira pas ainsi. On sait pour l’instant que le nombre de camions à destination de l’incinérateur n’augmentera pas. Mais on ne sait pas si un accroissement du camionnage sera réel en sens inverse.»
M. Loubier salut la participation active du groupe de citoyens dans le processus d’harmonisation des règlements de zonages, et invite les autres résidents à faire de même. «C’est le temps d’assister aux consultations, et de comprendre quelles répercussions concrètes auront ces changements sur la vie des citoyens. C’est le temps de proposer des changements», conclut-il.