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Le matamore de Duberger

Article mis en ligne le 19 juin 2008 à 8:35
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Le matamore de Duberger
Nous venons de vivre une semaine mouvementée sur la scène municipale. Encore une fois, la guerre des mots a pris le dessus sur une approche plus raisonnable et raisonnée d’une saine gouvernance municipale.

Après avoir traité les employés de la ville de «fourreurs de système» et les Québécois de «colons», le maire Labeaume s’est laissé aller cette semaine à traiter un antimilitariste de «minable» parce qu’il osait manifester son opposition à la guerre en Afghanistan. Or, il s’est avéré que ledit «minable» est en fait Francis Dubé-Déry, professeur de l’Université du Québec à Montréal, dont la sœur, membre des Forces armées canadiennes, a passé six mois à combattre en Afghanistan.

Par ailleurs, ayant dû admettre son erreur et convenir que le nombre des congés de maladie des employés municipaux dévoilé par la Ville comprenait toutes les absences maladies (même celles à long terme dues à des cancers, des infarctus, etc.) et non seulement les absences de trois jours et moins, le maire n’a pu s’empêcher de vouloir, encore une fois, avoir raison en disant que les absences de moins de trois jours constituaient toutefois la plus grande partie des moyennes révélées. Il n’a toutefois ni démontré ni prouvé cette affirmation.

De même, après avoir dévoilé un surplus d’opérations de 26,8 M$ pour l’année 2007, le maire s’est empressé de déclarer «qu'on ne fait pas tous ces efforts pour créer des surplus et mettre ça dans les poches des employés». Pourtant, cette nouvelle déclaration de guerre ne faisait que jeter de l’huile sur le feu, puisqu’aucun des dirigeants syndicaux des employés de la Ville n’avait eu le temps de faire allusion à ces surplus qui venaient à peine d’être dévoilés.

Dans les coulisses, on dit de plus en plus que beaucoup de gens d’affaires de Québec ne retrouvent pas, dans la gestion du maire Labeaume, les principes fondamentaux du monde des affaires, dont il prétend pourtant être issu. Son attitude agressive et sa façon de vilipender toute personne faisant preuve de désaccord avec ses opinions ne sont pas, dit-on, compatibles avec les méthodes de gestion des grandes entreprises.

Au-delà de la négociation sur la place publique, chose qui ne se fait jamais dans le privé, mais qui peut s’avérer acceptable compte tenu qu’il s’agit d’employés municipaux payés à même nos taxes, peu de dirigeants se reconnaissent dans les paroles et les agissements du maire. On considère que sa pugnacité, son refus du compromis, sa recherche de l’affrontement et sa difficulté à déléguer sont à l’opposé de la philosophie entrepreneuriale voulant que les dirigeants d’entreprises modernes se concentrent sur la vision, les enjeux et les objectifs à long terme, tout en laissant la gestion quotidienne à leur équipe.

Toujours selon ce qui se dit en coulisse, il semble que de nombreux politiciens et politiciennes de la région commencent à en avoir marre de se faire faire la leçon par celui qui les dénonce régulièrement sur la place publique, tout en s’attribuant le mérite de leurs décisions. Le surnom de «matamore de Duberger», dont on a commencé à l’affubler tout bas, pourrait le poursuivre sur la place publique dès que sa popularité dans les sondages commencera à baisser.

* (Collaboration spéciale Jean-Claude L'Abbée)

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