«Quand les gens sont rendus chez nous, c’est parce qu’ils n’ont pas d’autres recours», insiste la présidente de Services Santé International, Lucie Vermette. (Photo Karine Bouchard)
Sous le scalpel de Cuba (2/3)
Les listes d’attentes qui n’en finissent plus de s’allonger et l’accès restreint aux services de soins de santé ont fait bondir de rage Lucie Vermette. Ayant elle-même jonglé avec une santé vacillante et un système de santé peu adapté à ses besoins, l’ancienne femme d’affaires a eu l’idée de lancer un organisme sans but lucratif visant à donner un coup de pouce aux malades désireux de se faire soigner en l’espace de quelques semaines. Ainsi est né Services Santé International (SSI), un certain jour de janvier 2007.
«Je n’avais jamais pensé mettre sur pied une entreprise de la sorte, confie d’entrée de jeu la présidente de SSI, Lucie Vermette. Mais j’ai moi-même été piégée et j’ai dû être soignée pour une maladie qui pouvait mettre ma vie en danger. Après mon rétablissement, j’ai eu le goût de redonner quelque chose aux gens en souffrance.»
En un tour de main, elle a vu naître son entreprise, et s’est du même coup ralliée à un connaisseur du système de santé de Cuba, Alexandre Rhéaume. Depuis lors, son organisme, assure-t-elle, est venu en aide à près d’une centaine de personnes.
Des cas qui, sauf quelques rares exceptions, ont pu être soignés par les professionnels cubains. «Cuba offre les meilleurs soins de santé au monde, insiste Mme Vermette avec conviction. On a fait des recherches avant de lancer l’entreprise, on a fait le tour de l’île. De toutes les chirurgies et traitements exécutés sur mes clients, près de 100 % se sont avérés concluants. Ce n’est pas magique, mais les médecins de là-bas vont plus loin que ceux d’ici, ils ont moins peur.»
Parmi les interventions les plus fréquemment demandées, le traitement de la rétinite pigmentaire et les chirurgies orthopédiques arrivent en tête. Prisonniers des listes d’attentes, affaiblis, les malades ne voient d’autres options que de recourir à l’expertise cubaine. Le traitement de la rétinite pigmentaire, bien que controversé, intéresse une large part des gens aux prises avec cette affection qui, graduellement, rend les malades aveugles. «Quand les gens sont rendus chez nous, c’est parce qu’ils n’ont pas d’autres recours. Les médecins cubains sont les seuls à avoir développé un traitement pour stopper la rétinite pigmentaire. Les professionnels d’ici sont agressifs envers les médecins cubains. Mais certains médecins d’ici disent à leurs patients qu’ils risqueraient peut-être l’opération, étant donné que, de toute façon, ils deviendront aveugles», confie Mme Vermette.
Le tourisme médical, un luxe?
Un voyage dans le sud, agrémenté d’une visite chez le médecin et d’un séjour à l’hôpital, nécessite toutefois un petit investissement et n’est pas donné à tous. À titre d’exemple, l’intervention chirurgicale intentée afin de traiter la rétinite pigmentaire est offerte à un coût oscillant entre 12 000 et 15 000 $. Sans compter les frais d’hébergement, le transport et les repas. «C’est une forme d’injustice pour ces gens qui n’ont pas nécessairement les moyens de se payer une telle intervention», admet la présidente de SSI. Bien que l’organisme ne puisse absorber une partie des coûts associés au traitement, sa présidente se fait un devoir de supporter les patients dans leurs campagnes de financement.
L’engouement pour le tourisme médical est tel que Mme Vermette s’apprête à ouvrir une succursale dans l’est canadien et dans les provinces maritimes. Un nouveau bureau vient de plus de voir le jour dans la banlieue montréalaise.
«Il m’est déjà arrivée de rencontrer une femme médecin qui nous voyait comme une grande menace. Nous ne faisons pas l’unanimité, et nous en somme conscients. Nous respectons le travail des médecins d’ici. Mais ça prend des alternatives», conclut Mme Vermette.
sergine bourret
Commentaire mis en ligne le 23 octobre 2008est ce qu'il y a un organisme équivalent au votre en France