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Aqueduc municipal de Québec (2 de 2) : retour aux porteurs d'eau

Un brin d'histoire avec la Société historique de Québec

Article mis en ligne le 15 juin 2008 à 16:00
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Aqueduc municipal de Québec (2 de 2) : retour aux porteurs d'eau
Un brin d'histoire avec la Société historique de Québec
Malgré le bon fonctionnement des deux conduites d’eau qui reliaient le Château d’Eau à Québec - parcours de sept milles, sur une lisière de terrain de 33 pieds de largeur appartenant à la Ville, sur un bassin de drainage de 142 milles carrés très accidenté - ces installations avaient leurs moments de faiblesse.
Quand on annonçait un bris des tuyaux d’aqueduc, il fallait voir toute la ville en émoi. Une foule d’ouvriers travaillaient jour et nuit, par les pires froids de l’hiver, et devaient creuser dans le sol gelé sur de profondes tranchées et remplacer par des tuyaux neufs ceux qui étaient brisés. Cela prenait de longues heures, parfois même des jours… Entre temps, la Ville comptait, encore une fois, sur ses fidèles porteurs d’eau.

Les annexions de Saint-Malo en 1907, Limoilou en 1909, et Montcalm en 1913 nécessitèrent d’autres améliorations du système d’aqueduc. La municipalité de Limoilou possédait déjà, depuis 1895, un aqueduc municipal, muni d’un tuyau de 6 pouces, qui prenait sa source au «ruisseau de la cabane aux Taupinières», aux limites de la ville de Giffard, et qui alimentait aussi l’important hôpital Saint-Michel-Archange, situé à cet endroit. La Ville de Montcalm avait aussi son aqueduc, dont l’eau provenait du lac des Roches, au nord-est de Québec.

Or, le réseau d’aqueduc de Limoilou avait toujours été déficient; il aurait fallu que la municipalité le complétât d’un réservoir pour obtenir une alimentation suffisante en eau. C’est d'ailleurs pour régler ses problèmes d’aqueduc que la municipalité de Limoilou s’annexa, en 1909, à Québec. Celle-ci ne pouvait donc compter sur l’apport de l’aqueduc de Limoilou. Pour sa part, la conduite principale de 10 pouces de l’aqueduc de Montcalm avait fait ses preuves : elle sera intégrée au système de distribution d’eau existant. Mais, même avec cet ajout, le débit d’eau dans l’ancienne Ville de Montcalm s’avéra vite insuffisant.

Il se révéla bientôt, encore une fois, que la quantité d’eau fournie par l’aqueduc ne pouvait suffire à la demande. Les industries nouvelles des quartiers annexés par la ville absorbaient une grande quantité d’eau - plus qu’elles le déclaraient - et les grandes institutions - collèges, couvents, hôpitaux - installées dans ces nouveaux quartiers consommaient également beaucoup d’eau. Aussi, en 1913, au prix de gros investissements, la Ville se vit contrainte d’ajouter aux deux tuyaux originaux de l’aqueduc un troisième tuyau de 40 pouces de diamètre.

C’est le maire de Québec de l’époque, Napoléon Drouin, qui avait confié à un ingénieur du nom de Connelly le mandat d’améliorer l’alimentation en eau de Québec. Cette conduite de 40 pouces sera désormais suffisante pour desservir la haute-ville, et les tuyaux déjà existants de 18 et 30 pouces de Limoilou et de la partie basse du quartier Saint-Roch, au sud de la rivière Saint-Charles, suffiront à la demande d’eau de ces quartiers pour de nombreuse années…

En 1930, l’administration du maire Henri-Edgar Lavigueur entreprend la construction d’un immense réservoir de 30 millions de gallons d’eau sous les plaines d’Abraham, pouvant alimenter par gravité les quartiers bas de la ville, comme ceux de Saint-Roch et de Saint-Sauveur. On installa des pompes superpuissantes au sommet de la côte de l’Aqueduc, et on construisit un pont de fer au-dessus de la rivière Saint-Charles, tout près de la rue Saint-Vallier, pour supporter les gros tuyaux de l’aqueduc. Depuis 1930, l’eau de l’aqueduc de Québec est filtrée et chlorée.

En 1951, à la suite de la grande expansion de la population de la ville - plus de 150 000 personnes - on a dû entreprendre de nouveau la construction d’un quatrième tuyau, celui-ci de 42 pouces de diamètre, au coût de plus de 4 M$. Les ingénieurs de l’aqueduc municipal espéraient ainsi pouvoir alimenter toutes les parties de la ville, y compris le quartier du Cap-Blanc, très éloigné du centre-ville.

C'est aussi au début des années 1950, qu'on entreprend les travaux de canalisation du ruisseau Saint-Michel, affluent de la rivière Saint-Charles, dans le quartier Limoilou, et la construction de l’égout collecteur et de l’usine de pompage de la basse-ville de Québec. La canalisation de la rivière Lairet, autre affluent de la rivière Saint-Charles à Limoilou, se réalisera au début des années 1960. À partir de ce moment-là, le conseil municipal de Québec déclare qu’il est interdit de jeter quelques détritus que ce soit tout au long de la rivière Saint-Charles, du lac du même nom jusqu’à l’embouchure de la rivière, sous peine de fortes amendes.

L’aqueduc de Québec, que l’on considérait, lors de son inauguration en 1854, comme un des meilleurs en Amérique, de même que son système d’égouts contribueront par la suite au renom de la ville et amèneront une diminution des primes d’assurance contre les incendies, qu’on évaluait à 25 % en 1863. On a dit qu’il n’y avait pas de ville plus salubre sur le continent. Malgré que le système d’aqueduc de Québec n’a certes pas atteint la perfection, il a été néanmoins un progrès inestimable, et, au milieu du 19e siècle, il se comparait avantageusement à celui de Montréal.

* (Collaboration spéciale Raymond Laberge, historien)

Cette chronique est une gracieuseté de la Société historique de Québec. Vous avez apprécié? Pour en savoir plus, visitez le site Internet: www.societehistoriquedequebec.qc.ca

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