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L’église catholique au tapis à l’aube du 49e congrès eucharistique international de Québec

Selon une enquête de l'IRB

Article mis en ligne le 13 juin 2008 à 9:30
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L’église catholique au tapis à l’aube du 49e congrès eucharistique international de Québec
Selon une enquête de l'IRB
Quelques jours avant de recevoir l’église toute entière, et les croyants du monde entier, l’église catholique, au Québec du moins, ne semble plus représenter les croyants alors que l’on constate une rupture totale du lien de confiance avec la population. C'est du moins ce que révèle une récente enquête l'Indice relatif du bonheur (IRB), qui fait ressortir que bien que 60% des répondants se disent croyants, seulement 7% sont pratiquants. C’est donc 88% de l’ensemble des croyants qui ne pratiquent pas.
Seule donnée favorable à l’église, ce sont les croyants pratiquants qui enregistrent l’IRB moyen le plus élevé (83,80) quatre points supérieurs à celui des non pratiquants et des non croyants, ces derniers constituant 28% de l’échantillon sondé.
Tendance lourde
«L’avenir s’annonce guère prometteur pour l’église catholique au Québec, analyse Pierre Côté, président fondateur de l'IRB. Les personnes plus âgées, plus pratiquantes, seront progressivement remplacées par les plus jeunes qui sont, de tous les groupes d’âges, celles qui sont les moins croyantes et les moins pratiquantes.
Le même parallèle pourrait se faire avec le niveau de scolarité. Le Québec produit de plus en plus de diplômés universitaires alors que ces derniers, à l’opposé de ceux qui n’ont qu’un diplôme de secondaire 5, composent, et de loin, le segment le moins croyant et le moins pratiquant de la population».
Verdict sans appel
Le passé pèse très lourd sur les épaules de l’église catholique au point qu’un pardon semble improbable dans un proche avenir. Questionnés sur le sentiment qui traduirait le mieux leur pensée face à ce qu’a représenté et ce que représente encore l’église catholique, les réponses des participants sont incisives et sans appel :
- Seulement 5% demeurent fidèles face à la pensée de l’église catholique et à son idéologie;

- 18% se disent sensibles face à son déclin et à sa perte de popularité;

- 21% s’avouent indifférents face à ses problèmes et revendications;

- 18% affichent de la méfiance face à son discours;

- 28% se montrent amers face au pouvoir et aux abus du passé;

- 7% se disent agressifs face à la main mise qu’elle a eue sur les Québécois.

La méfiance, l’amertume ou l’agressivité sont les trois sentiments qui traduisent la pensée de plus de la moitié des Québécois (53%). En ajoutant l’indifférence (21%), sentiment souvent pire que les trois précédents, ce sont les trois quarts des Québécois (74%) qui entretiennent une relation négative vis à vis l’église catholique.
Ramer à contre-courant
Pour six des positions de l’église catholique, l’IRB a cherché à connaître celles avec lesquelles les Québécois étaient le plus en désaccord. Chacun des répondants devait identifier deux positions sur les six proposées. Voici les résultats :
- L’interdiction de la contraception (sauf à des fins médicales) 47%;

- La condamnation de l’homosexualité 40%;

- L’interdiction à l’avortement 37%;

- L’interdiction aux prêtres de se marier 26%;

- L’interdiction aux femmes d’accéder à la prêtrise 26%;

- La désapprobation de l’acte sexuel en dehors du mariage 24%.

«Ces données traduisent les nombreux reproches qui sont régulièrement adressés à l’église catholique pour, entre autres, nier l’évidence et défendre l’indéfendable», explique Pierre Côté, de l'IRB.
L’euthanasie prochain grand débat
Avec la population qui vieillit, l’espérance de vie qui s’allonge et la médecine qui prolonge, les cas de morts assistées occuperont de plus en plus de place dans notre société. Dans les dernières années, plusieurs de ces cas ont été fortement médiatisés, ce qui a sans doute influencé la position des gens.
Quoi qu’il en soit, la population semble prête à faire avancer ce débat, comme en témoigne les données suivantes :

- 72% seraient d’accord avec la légalisation de l’euthanasie contre seulement 4% qui s’y opposent. Ces données confirment, à peu de choses près, celles dévoilées dans une enquête réalisée par l’IRB en décembre 2006.

- 56% seraient tentés d’abréger leurs souffrances s’ils se savaient atteint d’une maladie incurable et dégénérative contre 7% qui ne le feraient pas. «Un certain nombre sont d’accord pour légaliser l’euthanasie, constate Pierre Côté. Mais ne seraient pas prêts à l’appliquer pour eux-mêmes. La mort, lorsque nous y sommes confrontée, semble faire reculer les intentions d’en finir avec la vie, même si celle-ci n’a plus grand-chose de digne et de valable à offrir».

- 48% croient que nous devrions être seuls à pouvoir déterminer le moment de notre mort et la façon d’y mettre fin alors que 12% n’adhèrent pas à cette position. L’IRB moyen de ces derniers apparaît supérieur de 4 points à celui des précédents. «Cette possibilité d’être seul responsable de notre mort, paradoxalement, semble enlever un certain sens à la vie», conclut Pierre Côté.
Méthodologie et détails
Cette enquête a été réalisé entre le 27 mars et le 4 mai 2008 auprès de 1 257 répondants, ce qui confère aux résultats une marge d’erreur de 2,8% 19 fois sur 20.
Pour connaître tous les résultats du dossier «Foi, église et euthanasie», il suffit de visiter le site Internet : www.indicedebonheur.com

* (Source : Indice relatif de bonheur - IRB)

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