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Beaucoup d'hypocrisie autour de TQS

François Cattapan par François Cattapan
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Article mis en ligne le 5 juin 2008 à 15:30
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Beaucoup d'hypocrisie autour de TQS
La récente décision des commissaires du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) de renvoyer les frères Rémillard faire leurs devoirs, afin de réintégrer une part d'information dans leur plan de relance de TQS, aura sans doute de quoi apaiser le concert de réprobations qui s'est élevé dans la province et surtout sa capitale dernièrement. Il faut dire que les acquéreurs potentiels du mouton noir de la télé québécoise ont agi plutôt cavalièrement en mettant la hache dans le service des nouvelles de la station généraliste, sans attendre le sacre des autorités compétentes.

Néanmoins, on peut se demander ce que les discours pompeux et les envolées oratoires verbeuses apporteront réellement dans l'orientation que prendront ceux qu'on a d'abord pris pour les sauveurs de TQS. Outre faire des étincelles électoralistes, on peut s'interroger sur la pertinence et l'acuité des sorties tonitruantes d'un maire qui a parfois la gâchette de la confrontation rapide et d'une kyrielle de députés qui ont la fâcheuse habitude de perdre toute conviction, dès qu'ils obtiennent un iota de pouvoir d'action. Certains éditorialistes aussi sont entrés dans la parade à l'aveuglette, avec fanfare et trompette. Ironiquement, nombre d'entre eux ont fait les gorges chaudes ces 20 dernières années et se plaisaient à qualifier le mouton noir de boiteux, voire galeux.

Sans vouloir manquer de respect envers les collègues de TQS qui ont su se démarquer et progresser au fil du temps, il faut néanmoins rester objectif dans ce dossier complexe. En ce sens, il semble que le débat s'enflamme rapidement et que l'écran de fumée fait perdre de vue trois éléments fondamentaux à considérer. D'abord et en premier lieu, on oublie que la station de télé est moribonde depuis ses débuts, ayant accumulé des pertes de 225 M$. À chaque mois, selon la direction, elle ajoute 1 M$ à son endettement, alors que ses parts de marché publicitaire ont fondu de 12 à 8 %. Sans vouloir donner carte blanche aux frères Rémillard, il faut admettre que même si les visages connus de TQS font partie du patrimoine télévisuel, la station reste une entreprise privée qui doit faire des profits, sinon à tout le moins boucler son budget, pour espérer survivre dans l'univers médiatique.

Imposer le statu quo et mettre la clé dans la porte définitivement dans quelques semaines serait-il plus avantageux? Cette question introduit le deuxième aspect, soit celui du droit du public à l'information si cher à toute démocratie en santé. À cet égard, on peut se demander si l'information locale se trouve vraiment menacée à Québec, alors qu'aux trois autres stations de télé généralistes francophones (SRC, TVA et TQ), s'ajoutent des généralistes anglophones, des chaînes spécialisées, des stations communautaires, une quinzaine de stations radio, trois quotidiens (incluant Média Matin), des hebdomadaires et d'autres publications, sans oublier Internet et ses ramifications infinies.

Troisièmement, il est pour le moins particulier de voir le CRTC exiger que TQS produise un minimum de nouvelles, alors qu'il a renouvelé une série de licences radio et permis la création d'empires des ondes sans rien demander de tel. Si bien, que la radio commerciale moderne se résume pratiquement à une équipe minimaliste d'information centralisée à Montréal, quelques vadrouilleurs d'événements en région et des beaux parleurs locaux le matin, le midi et au retour à la maison, pour commenter les nouvelles produites par d'autres (les quotidiens écrits en général). Certes TQS est une station de télé généraliste et le CRTC ne peut se permettre de créer un précédent en laissant ses futurs dirigeants trahir l'esprit de sa licence. Néanmoins, s'il y a sauvetage, car RemStar peut se désister, il faudra probablement sabrer sévèrement dans les dépenses. Hélas, dans le monde des médias, celles-ci se retrouvent essentiellement du côté des salles de nouvelles…

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