Articles à vendre | Vente aux enchères | Appel d'offres | Emplois | Circulaires | Nos Hebdos | Interurbain | Rencontre en ligne | Weblocal
Québec Hebdo
Envoyer ce texte à un ami Imprimer cette page Réagissez à cet article

Aqueduc municipal de Québec (1 de 2) : nécessité par les incendies

Un brin d'histoire avec la Société historique de Québec

Article mis en ligne le 8 juin 2008 à 16:30
Soyez le premier à commenter cet article
Aqueduc municipal de Québec (1 de 2) : nécessité par les incendies
Avant l'implantation de l'aqueduc, on distribuait l'eau potable puisée directement dans la rivière Saint-Charles au moyen de grandes barriques de bois.
Aqueduc municipal de Québec (1 de 2) : nécessité par les incendies
Un brin d'histoire avec la Société historique de Québec
La construction d’un aqueduc municipal fut la grande entreprise de la ville de Québec au 19e siècle. Jusqu’alors, il y avait, à Québec, un service de porteurs d’eau, qui distribuait aux maisons l’eau puisée dans la rivière Saint-Charles au moyen de barriques fermées tirées par des chevaux. En outre, il a fallu les deux grands feux de 1845, dans les quartiers Saint-Roch, à la basse-ville de Québec, et Saint-Jean-Baptiste, à la haute-ville, pour décider la Ville à mieux se protéger contre les incendies.
Les travaux furent entrepris en 1852 sous la direction d’un ingénieur américain, George R. Baldwin, de Charleston au Massachusetts, qui avait déjà dirigé à Québec l’installation d’un système d’éclairage au gaz. Après avoir inspecté les cours d’eau situés à proximité, son choix se porta sur la rivière Saint-Charles comme source d’approvisionnement, de préférence à la rivière Montmorency. Il avait remarqué que cette rivière, qui prenait sa source dans le lac du même nom, situé à un peu plus de sept milles du centre-ville, avait trois principaux affluents, la rivière Huron, la rivière Jaune et la rivière Grand-Désert. Il avait en outre calculé que la déclivité de 463 pieds entre le point le plus élevé (le futur barrage) et le point le plus bas (le passage de la rivière Saint-Charles aux limites de la ville) de la future conduite d’adduction de l’eau allait être amplement suffisante pour faire monter l’eau dans les hauteurs de la ville (à 324 pieds au-dessus du niveau de la mer).

L’endroit choisi par l’ingénieur pour ériger le barrage et le château d’eau se trouvait dans la municipalité de la Jeune-Lorette (aujourd’hui Loretteville), au débouché du lac Saint-Charles sur la rivière du même nom. La canalisation au pic et à la pelle de l’aqueduc par une foule d’ouvriers manuels de la Ville commença à l’été de 1852. Le réseau d’aqueduc se composait de tuyaux de fonte ayant, en majorité, un diamètre de 4 pouces. Les rues plus importantes de Québec étaient munies de tuyaux de plus grande dimension : par exemple, la rue Dorchester était pourvue d’un tuyau de 6 pouces, la rue Saint-Paul, de 8 pouces, la rue Saint-Vallier, de 12 pouces et la rue Saint-Jean – la principale distributrice d’eau de la haute-ville de Québec – de 14 pouces.

En 1853, on s’aperçut que l’aqueduc devait se doubler d’un système d’égouts pour assainir vraiment la ville. D'autant plus qu’une partie des canalisations nécessaires aux conduites d’eau pourrait servir aussi à celles des égouts. Cette décision du conseil municipal de Québec, présidé alors par le maire Ulric-Joseph Tessier, ne retarda pas la marche des travaux et l’aqueduc fut inauguré en 1854. En 1863, l’ensemble des travaux s’établissait à 147 353 pieds de conduites d’eau, qui desservaient 3 266 édifices, et à 97 861 pieds de canaux d’égouts. Malgré l’extension des travaux à travers toute la ville, il restait encore, en 1863, beaucoup de maisons qui continuaient à être approvisionnées par le service des porteurs d’eau.

En 1870, l’aqueduc est introduit dans 105 rues de Québec, ce qui constituait à peu près 50 % des rues de l’époque. Rappelons que les quartiers de Saint-Sauveur et de Limoilou, ainsi que la ville de Montcalm, à la haute-ville de Québec, ne sont pas compris, à l’époque, dans les limites de la ville, et qu’au début, une partie considérable des quartiers de Saint-Roch et de Jacques-Cartier ne jouissaient pas de l’eau courante. Par exemple, à Saint-Roch, dans l’espace contenu entre les rues de la Couronne, Saint-Ours (aujourd’hui le boulevard Langelier), Arago et la rivière Saint-Charles, les seules rues qui recevaient alors l’eau de l’aqueduc étaient les rues Saint-Vallier, Prince-Édouard et une partie des rues Dorchester et Saint-Joseph. À l’est de la rue de la Couronne, il n’y avait pas encore d’aqueduc, en 1870, entre cette dernière rue et les rues Craig (aujourd’hui la rue du Pont), Saint-François et Prince-Édouard.

Il va sans dire que cette situation menaçait alors la sécurité publique, surtout si l’on songe qu’entre 1865 et 1881, presque tous les quartiers limitrophes des fortifications de la ville subirent des dommages importants causés par le feu : incendies du Séminaire de Québec et du quartier Champlain en 1865; de Boisseauville (Saint-Sauveur) et Saint-Roch en 1866; de Saint-Roch, à nouveau, en 1870; du Palais de Justice, sur la rue Saint-Louis, en 1873; du quartier Saint-Louis, en 1876; et, surtout, du quartier Saint-Jean-Baptiste, en 1881. Les citoyens de Québec envoyèrent, en 1881, de nombreuses pétitions au conseil municipal de Québec, présidé cette fois par le maire Jean-Docile Brousseau, pour demander l’extension du réseau de distribution de l’eau partout dans la ville. On jugea que la conduite principale d’eau de 18 pouces de l’aqueduc ne suffisait pas, qu’il fallait doter la ville d’un système d’aqueduc continu et permanent.

Ce ne fut, cependant, qu’en 1882, sous l’administration du maire de Québec, François Langelier, le successeur du maire Brousseau, que le contrat de la pose d’un second tuyau d’adduction d’eau mesurant 30 pouces de diamètre fut octroyé à l’ingénieur d’origine américaine Horace Janson Beemer. De cette façon, on a pu assurer un service constant de distribution de l’eau de l’aqueduc dans toute la ville, 24 heures sur 24.

* (Collaboration spéciale Raymond Laberge, historien)
Nouveau site des sociétés d’histoire
La Ville de Québec vient de mettre en ligne un nouveau site Internet regroupant les sociétés d’histoire de son territoire. L'annonce a été faite dans le cadre du congrès annuel de la Fédération des sociétés d'histoire du Québec, tenu du 30 mai au 1er juin à Québec. Ainsi, les 11 sociétés d'histoire de Québec bénéficient d’une vitrine à l'adresse : www.societeshistoirequebec.qc.ca
Cette chronique est une gracieuseté de la Société historique de Québec. Vous avez apprécié? Pour en savoir plus, visitez le site Internet: www.societehistoriquedequebec.qc.ca

Ces articles pourraient également vous intéresser

Vos commentaires

Nom complet:
(requis)


Adresse courriel:


Vos commentaires :
(requis)


Svp inscrire le mot affiché ci-dessus Impossible de lire le mot?

Svp inscrire le mot affiché ci-dessus:


Chez nos voisins


La question du net

  • La crise financière qui prend des proportions mondiales commence-t-elle à vous inquiéter?
  • Oui
  • Non