Les maires de Québec et Montréal en parfait accord
Même pour le retour des Nordiques
S’il avait fallu que la Chambre de commerce de Montréal, dans un souci de mise en scène humoristique à l’occasion de la première présence commune des deux hommes sur une même scène, demande aux deux maires de revêtir le chandail de leur équipe de hockey préféré, elle aurait sans doute eu la surprise de l’année. Pariez que Régis Labeaume et Gérald Tremblay seraient apparus tous deux drapés du chandail fleurdelisé des Nordiques de Québec.
En effet, voulant mettre la table à cette rencontre innovatrice, d’entrée de jeu le maire Tremblay a plaidé en faveur du retour de la Ligue nationale de hockey dans la capitale. «Je serais le plus heureux du retour des Nordiques», a-t-il lancé. Voilà qui donnait le ton à cette première, dont l’objectif était d’occulter la confrontation Québec-Montréal, pour faire place à une relation de complicité et de complémentarité entre les deux plus grandes villes du Québec.
Abordant la question des services publics, les deux maires partagent l’objectif de développer un lien ferroviaire rapide entre les deux centres-villes. Le corridor Québec-Montréal-Windsor devant être retenu. «Je fais confiance au comité présidé par le recteur Brière de l’Université Laval pour mener à bien ce dossier prioritaire», affirmait le maire Tremblay sous l’œil complice de son vis-à-vis.
C’est dans le développement du secteur des neurosciences que le maire Labeaume découvre un profond potentiel de complémentarité entre les deux villes; il ajoute même Boston. Cynique, il accolera à ce secteur de la recherche fort bien implanté à Québec, le syndrome du « bonhomme Humpty Dumpty : une grosse tête, des petits bras et de petites jambes. On cherche, on recherche, on fait des conférences, mais on ne fait jamais d’argent avec tout ça. Il faut arrêter de se cacher» a-t-il plaidé.
Son homologue partageait encore une fois cette vision, faisant appel au dynamisme des centres de recherche et du milieu des affaires pour aller de l’avant avec créativité, innovation et entrepreneuriat pour activer l’application concrète des concepts développés en laboratoire. Tous les deux souhaitent que le triangle Québec-Boston-Montréal soit à même de constituer un pôle d’excellence en cette matière pour attaquer ensuite les marchés internationaux.
La gestion des talents est une autre priorité pour les deux politiciens. Si Montréal veut s’inscrire comme une ville de retour pour les 17 000 universitaires qui ont quitté la métropole on veut également accélérer le processus de rétention des jeunes talents. Il faut être sensible aux nouvelles valeurs des jeunes générations qui sont plus sensibles à la qualité de vie et à la famille. Comme modèle de réussite, le maire de la Capitale a cité la firme Beenox qui est un modèle du genre.
Comme pour bien marquer la complémentarité entre les deux villes, le maire Tremblay a insisté sur la nécessité de maintenir et accroître la vocation de métropole culturelle pour sa ville. Alors que M. Labeaume réaffirmait son intention de faire de Québec la capitale de la relève. «On va les former à Québec, par après on vous les enverra».
Plus de 400 convives, dont une délégation d’une trentaine de gens d’affaires de Québec, avaient accepté l’invitation de la Chambre de commerce de Montréal à cette rencontre, qui s’est déroulée dans une ambiance d’amitié retrouvée et sous le signe 400e anniversaire de Québec. Premier signe de collaboration entre les deux villes, Montréal fera la promotion des fêtes québécoises par son propre Office du tourisme. Les voyageurs seront invités à prolonger leur séjour par un virage vers la Capitale.
Au retour, dans l’autocar nolisé par la Chambre de commerce de Québec, les gens d’affaires de la capitale souhaitaient que ce qui semble être un nouveau climat de coopération entre les deux mairies puisse se traduire dans la communauté des deux villes. Si ce devait être le cas, ce serait peut-être le legs le plus important du 400e pour l’ensemble du Québec, imaginait un membre de la délégation québécoise.