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Épargner: plus facile à dire qu'à faire

Jean-Pascal Lavoie par Jean-Pascal Lavoie
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Article mis en ligne le 8 mai 2008 à 17:00
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Épargner: plus facile à dire qu'à faire
Bien que la majorité des jeunes croient qu'il est important d'épargner, passer de la parole au geste reste difficile.
Épargner: plus facile à dire qu'à faire
La majorité des jeunes adultes québécois considèrent qu'épargner est très important. Pourtant, comme chez leurs aînés, ils sont beaucoup moins nombreux à passer de la parole à l'acte.
C'est ce que révèle l'étude des résultats préliminaires d'une enquête sur l'épargne menée auprès des jeunes Québécois de 18 à 29 ans par Marie J. Lachance, professeure au Département d'économie agroalimentaire et sciences de la consommation à l'Université Laval et Nadia Poulin, étudiante à la maîtrise.

«Évidemment, l'étude est toujours en cours, mais on peut déjà identifier quelques tendances sur l'attitude des jeunes face à l'épargne», indique Mme Poulin, à l'occasion du congrès de l'ACFAS tenu à Québec cette semaine.

Ainsi, on note que les jeunes adultes québécois ont une attitude très favorable envers l'épargne et croient fermement qu'avoir de l'épargne est important. «De plus, ajoute Mme Poulin, près de trois répondants sur quatre sont d’avis que l’apprentissage des connaissances financières à l’école est tout aussi important que l’apprentissage de l’écriture et des mathématiques.»

Le contraste est frappant entre l'importance que les jeunes accordent à cet apprentissage et le nombre d'heures qui y est consacré au secondaire. «Dans le cadre du cours d'éducation économique en secondaire 5, seulement 20 heures sur 100 sont accordées à ce sujet. Et la nouvelle réforme élimine complètement ce cours, indique l'étudiante chercheure. Les jeunes débutent leur vie sur le marché du travail et se sentent pris au dépourvu en matière de finances personnelles.»

Il apparaît aussi que l'attitude positive de la majorité des répondants envers l'épargne ne se reflète pas nécessairement en gestes concrets. «Près de 45% des répondants avouent qu'ils pourraient épargner davantage, compte tenu de leurs revenus», précise Mme Poulin.

Ce comportement ne semble pas exclusivement réservé aux jeunes puisque selon les chiffres disponibles chez Statistique Canada, le taux d'épargne a énormément régressé au pays depuis le début des années 80. D'un sommet de 20,2% en 1982, ce taux est passé à 1,7% en 2007.
Maison, condo ou vacances
Pour plusieurs personnes, épargner signifie assurer sa sécurité financière pour l'avenir. Toutefois, ce n'est pas la motivation première des jeunes. Évidemment, l'horizon de la retraite étant plutôt éloigné pour eux, les priorités diffèrent.
Les résultats préliminaires de l'étude de Mmes Poulin et Lachance indiquent que les jeunes adultes québécois épargnent principalement pour s'acheter une première maison ou un condo et faire un voyage ou prendre des vacances. Même chez les épargnants qui possèdent un REER, leur principale motivation est de sauver de l'impôt ou encore d'utiliser ce REER pour le Régime d'accession à la propriété (RAP).
Les jeunes Québécois et l'épargne
- 95% des répondants trouvent qu'il est important de mettre régulièrement de l’argent de côté;

- 85% croient qu'avoir de l’argent de côté est une nécessité;

- 36% ont un fonds de pension chez l'employeur;

- 70% ont de l’épargne autre qu’un fonds de pension;

- 47% possèdent un REER.

(Source: Les jeunes Québécois de 18 à 29 ans et l'épargne, UL)

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