Articles à vendre | Vente aux enchères | Appel d'offres | Emplois | Circulaires | Nos Hebdos | Interurbain | Rencontre en ligne | Weblocal
Québec Hebdo
Envoyer ce texte à un ami Imprimer cette page Réagissez à cet article

Entreprise et municipalité : deux solitudes

par
Voir tous les articles de
Article mis en ligne le 9 mai 2008 à 8:30
Réagissez à cet article
Entreprise et municipalité : deux solitudes
Régis Labeaume apprend à la dure. Armé des meilleures intentions, il s’est attaqué à sa fonction de maire avec la détermination d’un redresseur d’entreprise. Or, il doit commencer à réaliser que la gestion des affaires publiques ne tient pas du même régime.

Si ses bonnes intentions ont un écho favorable auprès de la population et du contribuable, elles laissent un goût amer chez certains élus, de quel que palier que ce soit, ainsi que dans la fonction publique municipale. M. Labeaume est confronté au fait que le pouvoir est un exercice qui se partage et qui est loin d’être l’apanage d’un seul homme. Autrement, cela s’appellerait une dictature.

C’est ainsi que le conseil municipal a massivement rejeté sa proposition de retenir les services d’une firme d’avocats pour aller défendre les intérêts de la Ville devant le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) dans l’épineux dossier de la fermeture de la salle de nouvelle de TQS. C’est regrettable que le conseil municipal n’ait pas emboîté le pas au maire et à son exécutif. Le dossier de la montréalisation des ondes est bien réel. Il eut été souhaitable que le débat soit porté devant les autorités compétentes et ne plus s’en ternir à de vagues déclarations tout aussi engagées soient-elles.

Le dossier du Manège militaire détruit par les flammes est un autre exemple qui frappe de plein fouet le nouveau maire. Le feu consumait encore l’édifice que, de Paris, le maire lançait l’opération reconstruction à l’identique. À tout le moins, on se devait de fournir un éclairage spectaculaire pour l’été du 400e. La chorale des politiciens s’est levée, à l’unisson avec le maire. C’était sans compter les fédéraux et plus particulièrement les militaires qui ont souvent la propension de se comporter comme un état dans l’état. Les informations de cette semaine ont sûrement refroidi le maire Labeaume.

La négociation avec les employés municipaux constitue une autre pierre d’achoppement pour notre maire en apprentissage. Ses coups de gueule, dont le fameux «ceux qui fourrent le système», ont fortement déplu aux syndiqués dont plusieurs étaient de ses partisans. Au fait, ces gens n’ont rien volé. Ce qu’ils ont obtenu, quelqu’un leur a donné au terme d’un processus normal de négociation. On ne saurait leur reprocher. Aussi, le ton de la rencontre impromptue sur le parvis de l’hôtel de ville entre le président du syndicat des policiers, Jean Beaudoin, et M. Labeaume a écorché certaines oreilles. Pendant que le syndicaliste restait poli avec son vis-à-vis, celui-ci était à tu et à toi avec le président, comme s’ils avaient gardé les vaches ensemble dans leur jeunesse. D’aucuns y ont vu une familiarité irrespectueuse.

Toujours dans le cadre des négociations des conventions collectives, le maire s’est tourné vers le ministre du Travail, David Whissel, dans l’intention d’obtenir des dispositions lui permettant de forcer un règlement ou d’imposer les nouvelles dispositions des conventions. Le ministre a immédiatement rejeté du revers de la main la requête du maire. Celui-ci ne pouvait s’attendre à autre chose, les municipalités étant des créatures du gouvernement provincial, à qui appartient le pouvoir de légiférer ou de décréter des conditions de travail. Jamais un ministre du Travail n’acceptera de partager ce pouvoir ce qui, le cas échéant, serait contraire au principe de base : le gouvernement doit légiférer, les villes administrer.

Au fond, ce qui doit être retenu est simple. À sa base même, gérer une entreprise ou une municipalité n’a rien de comparable. Les objectifs sont différents. En entreprise privée, c’est la recherche de profit qui dicte les agissements. Ceux-ci vont se retrouver dans la poche des investisseurs. C’est la règle. Dans une ville, c’est la notion de service à la population qui prime et non la recherche de profits. Certes, une meilleure gouvernance, des priorités mieux ciblées et une gestion serrée des deniers publics sont souhaitables. Le mode de gestion du privé peut inspirer les élus, mais fondamentalement, les objectifs et les moyens resteront toujours différents.

Ces articles pourraient également vous intéresser

Vos commentaires

Nom complet:
(requis)


Adresse courriel:


Vos commentaires :
(requis)


Svp inscrire le mot affiché ci-dessus Impossible de lire le mot?

Svp inscrire le mot affiché ci-dessus:


kivikwamo

Commentaire mis en ligne le 13 septembre 2009
Bonne lecture

Chez nos voisins


La question du net

  • «À l'approche du temps des fêtes, êtes-vous davantage sensible aux cris d'alarme des organismes de charité?»
  • Oui
  • Non