«Les 13 syndicats se tiennent et il faudra être solidaires de notre côté aussi», a affirmé le vice-président du comité exécutif, Richard Côté. (Photo archives Québec Hebdo)
Le maire lance un appel à la solidarité des élus
Confrontés en plein conseil par des représentants du syndicat des employés manuels de la Ville de Québec, le maire Régis Labeaume et son bras droit Richard Côté ont demandé à tous leurs collègues de faire preuve de solidarité dans le houleux dossier des négociations des conventions collectives.
Le conseil a été perturbé durant quelques minutes en tout début de séance, le temps que le président Yvon Bussières fasse sortir une délégation de syndiqués masqués. Les choses sont revenues à la normale jusqu'à la période de questions des citoyens au cours de laquelle le président du syndicat des employés manuels, Jean Lachance, interpelle le maire concernant notamment des propos tenus la semaine dernière sur les ondes d'une station de radio.
«On vient dénoncer le manque de respect du maire envers ses employés, a mentionné le président. Se faire traiter de ''fourreurs de système'' c'est inacceptable. Pourquoi on le respecterait s'il ne nous respecte pas.»
Cette sortie n'a pas semblé ébranler le maire outre mesure. «Ce que j'ai dit, je le pense toujours, a-t-il répliqué. C'est injuste et inéquitable que les membres du syndicat dirigé par M. Lachance profitent de 18 journées de maladie à court terme à plein salaire. Ça coûte 12 M$ par année à la Ville et ça ne peut plus exister.»
En réponse au conseiller Patrick Huot qui demandait d'être un peu mieux informé du dossier des négociations, le vice-président du comité exécutif, Richard Côté, a assuré que des rencontres seraient organisées au cours des prochains jours afin de dresser un portrait clair de la situation à tous les élus. Plusieurs ont réclamé que ce soit fait lors d'un comité plénier à huis clos.
«On prendra la façon la plus efficace, a précisé le maire. Mais on aura besoin de soutien. Ça va prendre de la solidarité et de la vraie.»
«Les 13 syndicats se tiennent et il faudra être solidaires de notre côté aussi, a ajouté Richard Côté. C'est le temps de mettre nos culottes dans l'intérêt de tous les citoyens.»
Porte-parole du RMQ dans ce dossier, Alain Loubier a indiqué que pour être solidaire, il faudrait au moins qu'il sache dans quoi il s'embarque. «Le climat transmis dans les médias ne semble pas du tout propice à un règlement, a-t-il fait remarquer. On doit passer à une étape plus sereine. Il faudrait un ton plus respectueux des employés de la part du maire.»
Le conseiller Paul Shoiry a lui aussi demandé à Régis Labeaume de faire preuve d'un peu de modération dans ses propos envers les syndiqués. «Ça ne sert à rien d'insulter nos employés, a-t-il lancé. Leurs conditions sont peut-être généreuses, mais il ne faut pas oublier qu'elles ont été votées ici au conseil.»
Loin d'ouvrir la porte à un changement de ton, le maire a réitéré qu'il demeurerait intraitable envers les syndiqués qui altéreraient des biens publics ou qui propageraient des mensonges. «On va répliquer du tac au tac», a-t-il lancé.