Comme il l'a fait depuis les premiers soubresauts de ce projet, le conseiller du district de Sillery, Paul Shoiry, a donné son appui aux opposants. (Photo archives L'APPEL)
Les élus accordent les dérogations
Projet du groupe Gexco sur l'avenue des Gouverneurs
Le conseil de l'arrondissement de Sainte-Foy–Sillery a finalement accordé, le 14 avril dernier, les dérogations demandées par le groupe Gexco afin de pouvoir construire de nouvelles habitations sur son terrain de l'avenue des Gouverneurs. Cette décision a soulevé la colère d'opposants aux projets qui affirment qu'une entente avec le promoteur pour limiter le développement du site à un seul bâtiment supplémentaire était imminente.
Porte-parole des opposants, André Chabot a pris la parole lors de la période d'intervention des citoyens pour demander aux membres du conseil d'arrondissement de reporter leur décision. «Il y a eu une demande de l'avocat de Gexco à notre procureur et nous devrions en arriver à quelque chose de concret et d'intelligent pour les deux parties, a-t-il expliqué. Je vous demanderais de reporter le dossier à dans un mois, le temps de régler tout ça.»
La consultation publique préalable à l'approbation des dérogations a donné lieu à un débat mouvementé. Comme il l'a fait depuis les premiers soubresauts de ce projet, le conseiller du district de Sillery, Paul Shoiry, a donné son appui aux opposants. «Il me semble que dans les circonstances, il serait légitime que le conseil reporte sa décision», a-t-il fait valoir.
Ses quatre collègues ne voyaient toutefois pas la chose du même œil. «Le fait d'accorder ou de ne pas accorder les dérogations ne change rien aux possibilités d'entente entre les deux parties», a soutenu la présidente de l'arrondissement, Francine Bouchard.
Rappelant que les citoyens avaient déjà dû engager d'importants frais d'avocats afin de défendre leurs intérêts, Paul Shoiry a reproché à ses collègues de faire fi de la réglementation. «J'ai rarement vu un contournement du règlement de zonage de manière aussi délibérée», a-t-il affirmé.
D'autres résidents du secteur ont aussi tenu à se faire entendre. «Ce que vous faites, c'est accommoder un entrepreneur au détriment de la législation, a mentionné Jean-Louis Caron. Pourquoi les intérêts d'un entrepreneur doivent-ils primer sur les intérêts de 70 personnes qui ont signé une pétition en toute connaissance de cause ?»
«Les intérêts des promoteurs ne passent pas avant ceux des citoyens, a répliqué Francine Bouchard, visiblement irritée. Le dossier a été traité selon les mêmes critères et avec le même sérieux et la même impartialité que toutes les demandes qui nous sont soumises.»
Après ce débat houleux, la question a été tranchée par un vote de trois contre un en faveur de l'acceptation des dérogations. Mais le promoteur n'a toutefois pas le champ libre puisque le projet fait toujours l'objet d'un débat juridique que devrait bientôt se retrouver au tribunal.