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Le feu détruit le Manège et les médias

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Article mis en ligne le 11 avril 2008 à 9:30
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Le feu détruit le Manège et les médias
La dernière semaine a été particulièrement lourde pour notre univers médiatique et force à la réflexion. De fait, nous avons été témoins d’un véritable exercice de montréalisation, n’en déplaise à certains qui s’évertuent à nier la réalité.
Comment interpréter autrement la piètre couverture régionale de l’incendie dévastateur du Manège militaire de Québec par les grands médias. En toute équité, il convient d’abord de saluer l’excellent boulot accompli par nos collègues du Soleil et ceux de LCN, regroupés au tour du chef d’antenne Pierre Jobin. En dépit de moyens restreints, quebechebdo.com et son journaliste Frédérick Masson ont aussi vivement réagi en mettant en ligne, peu après minuit, un premier texte accompagné d’une vidéo sur ces tristes événements.

Ailleurs, on peut parler de désastre. Pendant que le seul Manège militaire au pays à être reconnu pour sa valeur patrimoniale était la proie des flammes, RDI, le réseau de l’information publique préférait présenter un bulletin de nouvelles enregistré au lieu de diffuser en direct le déroulement de l’événement. Plus tard en semaine on a fait amende honorable, mais le mal était fait. Difficile de croire qu’une autorité à Québec n’avait pas le pouvoir de décréter un détachement du réseau pour faire place à un reportage en direct alors qu’une équipe était prête à intervenir. Quand les dirigeants de la société d’État nous feront part de leur attachement à Québec, nous garderons frais en mémoire l’injure faite à la capitale en refusant de diffuser la Symphonie des milles interprétée par l’Orchestre symphonique de Québec et l’insulte qui s’ajoute cette semaine.

Il est plus que désolant de constater la double bourde du Journal de Québec qui a préféré mettre à la une de son édition du samedi matin un sondage sur le bonheur des Québécois et, à l’intérieur de ses pages une couverture journalistique famélique consacrée à un des incendies les plus spectaculaires et dévastateur que Québec ait connu. Il est de plus en plus évident qu’en cette période de conflit de travail, le Journal de Québec est devenu une succursale du Journal de Montréal. Pourtant, le Journal de Québec nous avait habitués à une couverture exhaustive du fait divers.

Les médias d’information ont un devoir de proximité par rapport à leur communauté. Ils ont aussi une vocation de service à la population. Malheureusement, lorsque les centres de décisions sont situés à 250 kilomètres de distance, on a tendance à oublier ces notions de base.

La même observation vaut aussi pour l’industrie radiophonique. Peut-être davantage puisque la radio, le média de proximité par excellence, est aussi un média d’intimité. C’est le seul média qui peut vous accompagner 24 heures par jour, ou que vous alliez. Or, dans le cas présent, une seule radio locale, CHOI, a effectué une couverture digne de ce nom lors de l’incendie. Chez les autres, motus…ou presque. À ce rythme, la radio court à sa perte. Le chroniqueur du Soleil avouait candidement que son premier réflexe, en cas de catastrophe, était de «pitonner» à la télé. Or, tous vous affirmeront qu’il y a seulement 10 ans, le premier réflexe était de syntoniser la radio. Que s’est-il passé pour que la radio échappe ce réflexe providentiel à son égard?

Les sondages BBM sont venus apporter un cruel constat sur la question. À Québec, peu ou pas d’entreprises de radiodiffusion ne fait ses frais, sinon le groupe Astral, propriétaire de d’Énergie et de Rock Détente. De son côté, Cogeco fait de bonnes affaires avec le 93,3 mais coule ses profits dans l’opération de Rythme FM qui ne parvient pas à démarrer. Corus reste <@Ri avec l’exploitation d’un CFOM rentable et d’Info-800 et CFEL anémiques. Quant à lui, Radio-Nord réalise de bonnes affaires avec CHOI, mais accuse des pertes qui cannibalisent ses opérations avec sa seconde antenne, l’ex-CKNU. Enfin, à Radio-Canada on s’en fout un peu, car c’est le peuple qui paie la facture.

Tant que les centres décisionnels resteront campés dans le giron des sièges sociaux à Montréal, Québec et les régions resteront les parents pauvres. Au fond, les grands réseaux maintiennent les opérations régionales parce que celles-ci laissent les portes ouvertes à la publicité nationale. La proximité… vous avez dit quoi?

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