Tous semblaient s’entendre pour dire que les médias véhiculent une mauvaise image de l’immigrant en général ce qui, sur le marché du travail, ne facilite rien.(Photo Eric Boucher)
Journée citoyenneté et immigration à Vanier, prise 2
Suite au succès, l’automne dernier, de la première édition de la Journée citoyenneté et immigration, la Ruche Vanier récidivait, samedi dernier, au sous-sol de l’église Notre-Dame de Vanier, avec des ateliers portants sur les thèmes ciblés comme prioritaires par les participants lors de la première journée.
Un des objectifs des ateliers est de créer des ponts entre les Québécois de souche du secteur et les immigrants et de mieux se connaître comme société d’accueil. Les participants dont la majorité était issue des communautés se sont répartis au sein de deux ateliers. À l’atelier sur l’emploi et les entreprises, les participants en avaient long à dire.
Pour Fellahi Ahmed, d’origine marocaine, le marché de l’emploi envoie un mauvais signal aux enfants d’immigrés. «Les enfants sont frustrés de voir leurs parents, venus ici avec des rêves et bardés de diplômes, poiroter à la maison. Ils se disent à quoi ça sert les études si on ne peut pas travailler.»
Sabri Deziri, d’origine algérienne, estime, quant à elle, qu’il faudrait que les employeurs fassent preuve d’un peu de flexibilité afin de faciliter l’intégration des immigrés qui à leur arrivée font face à de multiples bouleversements. En ce sens, Mireille Nguele, native du Cameroun, croit qu’une forme de parrainage peut être utile. «Un Camerounais qui a vécu une bonne partie de sa vie dans un pays où la ponctualité n’était pas fondamentale aura besoin qu’on lui explique avant l’embauche qu’ici ça l’est par exemple.»
Les participants souhaiteraient également que des rencontres soient organisées entre les immigrants et les employeurs.
Mme Nguele se dit toutefois confiante en l’avenir. «Les choses s’améliorent tranquillement, je regarde l’interaction de mes enfants avec les Québécois de souche à l’école et je me dis que quand cette génération sera employeur elle sera beaucoup plus ouverte.»