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La démesure

Article mis en ligne le 26 mars 2008 à 12:00
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La démesure
Depuis une semaine, l’affaire Roy fait la manchette des médias du Québec. Le nombre de pages des quotidiens, d’heures de lignes ouvertes à la radio, ainsi que de reprises vidéo consacrées à cet évènement par les différentes stations de télé a nettement dépassé la mesure.
Selon Influence Communication, entreprise qui assure un service de veille et d’analyse médias, le poids de cette bataille de patinoire a atteint 4,09% et est devenue la nouvelle numéro un de la semaine et la troisième en importance depuis janvier dernier. Plus encore, lors des 24 premières heures, l’évènement a occupé 19,3 % de l’actualité. En comparaison, la publication du rapport Gomery avait obtenu un poids de 18,43% en 2005, lors de la première journée de couverture médiatique.

En somme, nous avons tellement lu, entendu parler ou vu cet évènement que nous pouvons en parler comme si nous y avions assisté. Pourtant, la majorité de ceux qui l’ont commenté, moi inclus, n’était pas à Saguenay. Ceux qui prétendent que le hockey n’est pas notre sport national ont peut-être raison, puisqu’on s’attarde davantage à une bataille qu’à une cuisante défaite des Remparts.

Au-delà de cette bataille et du fait que Patrick Roy ait demandé ou non à son fils d’attaquer le gardien adverse, c’est davantage l’acharnement de Jonathan Roy à frapper sur un adversaire qui refuse le combat qui est répréhensible. C’est là, à notre avis, que le président Gilles Courteau a failli à la tâche en ne condamnant ce dernier qu’à une suspension de sept parties. Pour le reste, la tornade médiatique aurait été fort différente si l’instructeur des Remparts avait été Martin Laperrière plutôt que Patrick Roy.

Loin de moi l’idée de vouloir défendre le jeune Roy et son père, il s’agit d’un geste impardonnable. De là à ce que nos politiciens tentent de profiter de l’occasion pour se faire du capital politique, il y a un précipice qu’il ne faut pas franchir. Je préfère l’attitude du premier ministre Charest, qui dit que la LHJMQ est maintenant sensible à cet aspect et va sûrement s’en occuper, à celle de sa ministre, Michelle Courchesne, qui veut intervenir et convaincre ses homologues des autres provinces d’en faire autant.

Par ailleurs, ce qui risque de devenir plus préoccupant dans ce dossier, c’est que cet incident, en soi banal dans un match de hockey, pourrait avoir des retombées négatives pour la Ville de Québec, si Patrick Roy et Jacques Tanguay décidaient de remettre en question leur participation dans l’équipe des Remparts. Rappelons-nous qu’avant leur implication, le hockey junior était disparu de notre région, alors qu’il attire maintenant des foules colossales et contribue à faire rouler l’économie.

Jacques Tanguay est, d’abord et avant tout, un homme d’affaires qui désire vendre des meubles au plus grand nombre de personnes possibles, que celles-ci aiment ou détestent les batailles au hockey et qu’elles résident à Québec ou au Saguenay. Patrick Roy, pour sa part, doit commencer à en avoir marre de voir ses moindres gestes plus épiés que le seraient ceux d’un autre dans la même situation.

Espérons que la démesure médiatique et les réactions publiques négatives qu’elle a entraînées ne les amèneront pas à prendre la décision d’abandonner une affaire que personne ne pourrait faire fonctionner aussi bien qu’eux. Peut-être la solution réside-t-elle dans un Patrick Roy qui se confinerait à sa tâche de directeur gérant, laissant à un instructeur moins «médiatisé» le soin de diriger l’équipe au jour le jour?

* (Collaboration spéciale Jean-Claude L'Abbée)

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