Un coup de barre nécessaire
Régis Labeaume a débuté son grand ménage du conseil municipal cette semaine, annonçant son intention de demander à la ministre des affaires municipales de lui permettre de réduire le nombre d'arrondissements à six et de retrancher 13 districts des 37 actuels. Ce remaniement de la carte électorale s'imposait car il faut donner raison au maire de Québec et aux membres du comité de réflexion sur la gouvernance qui lui ont fourni les arguments quand ils affirment qu'aucune logique ne soutient la structure mise en place lors de la fusion.
D'un simple point de vue géographique, le mariage proposé entre les districts de Cap-Rouge, de Champigny et de Chauveau avec l'arrondissement de Sainte-Foy–Sillery est tout à fait naturel. La décision de scinder le territoire de l'ancienne ville de Sainte-Foy entre deux arrondissements n'était certainement pas de nature à cultiver le sentiment d'appartenance des Fidéens envers leur nouvelle grande ville.
Cette logique s'applique aussi au territoire de Val-Bélair dont les affiliations sont beaucoup plus évidentes avec la Haute-Saint-Charles qu'avec Cap-Rouge.
Ironiquement, l'arrondissement Laurentien était probablement le plus bel exemple de réussite de la fusion. Formé de pas moins de cinq anciennes villes lors de sa constitution, ce secteur de Québec se démarquait par son dynamisme, sa cohésion et son efficacité. Mais la perte de Saint-Augustin et de L'Ancienne-Lorette est venue chambouler cet équilibre.
Si dans l'ouest, le plan Labeaume risque de faire son chemin sans trop d'esclandres, ce ne sera pas nécessairement le cas au coeur de Québec. La possible fusion des arrondissements de La Cité et de Limoilou créera certainement quelques remous d'autant plus qu'elle risque de faire perdre des sièges au Renouveau municipal à la table du conseil. De neuf districts actuellement, dont huit sont représentés par des élus du RMQ, le territoire passerait à cinq. Et c'est sans compter la cohabitation pas nécessairement évidente de quartiers de Québec ayant toujours réclamé une certaine autonomie.
La ministre Nathalie Normandeau a déjà laissé savoir qu'une modification à la Charte de la Ville de Québec pavant la voie à des changements majeurs à la carte électorale serait liée à l'obtention d'un large consensus autour de la proposition de Régis Labeaume. Mais au rythme où le maire de Québec s'attire les foudres de ses collègues du conseil par ses déclarations pas toujours très nuancées, il y a lieu de se demander comment il réussira à aller chercher cette adhésion. Voilà un beau défi pour celui dont les résolutions d'être plus zen et de veiller à ne pas être trop arrogant n'ont pas tenu bien longtemps.
Régis Labeaume jouit pour le moment d'un fort appui de la population de Québec qui semble aimer son style franc et direct. Mais il ne faut surtout pas qu'il perde de vue qu'il doit composer avec 37 conseillers dont l'élection est tout aussi légitime que la sienne.
En revanche, l'opposition doit aborder le débat qui s'annonce en laissant de côté tout élément partisan car si une chose est certaine, c'est que le coup de barre amorcé est bien nécessaire.