En «business» avec les réseaux sociaux! (3/3)
Les réseaux sociaux sont depuis quelque temps déjà les alliés des entrepreneurs et des politiciens. Un nouvel outil de travail fort apprécié, mais encore loin de faire l’unanimité.
Blogues et discussions affluent sur Internet, inspirés de la soudaine popularité des réseaux sociaux. Nombre des participants désapprouvent de tels sites, alors que d’autres les glorifient. «Vie privée en péril», «perte de temps», «inutilité»… Bref, il va sans dire que tous ne tombent pas sous le charme des Facebook, MySpace et Cie.
Pourtant, certains y voient une certaine utilité, dont l’analyste du Web, Michelle Blanc. «Les journalistes regardent ce qui se dit sur les réseaux sociaux. Tu peux facilement créer un événement, et ce, tout à fait gratuitement!», relate-t-elle.
Le marché de l’emploi n’est pas en reste. Des entrepreneurs y voient une occasion inégalée de recruter du personnel. En plus des informations personnelles de base, l’employeur a accès à une foule de renseignements additionnels, dont le mode de vie du candidat, son réseau social et sa personnalité. Une nouvelle façon de procéder pas toujours à l’avantage de l’employé potentiel. «Si tu mets une photo de toi à moitié saoul en ligne, ce n’est pas sûr que l’employeur va vouloir t’embaucher», précise Mme Blanc.
L’analyste du web s’intéresse particulièrement au politicien Denis Coderre, député de la circonscription Bourassa. Ce dernier s’immisce depuis quelque temps dans les blogues et s’est également créé un profil dans le réseau Facebook. «Je suis impressionnée par l’initiative de ce député, indique-t-elle. Il fait le monitorage des blogues et y intervient fréquemment. Une interaction qui se perpétue dans Facebook.»
Véritable livre ouvert
Facebook – et le nom le dit! – est un véritable livre ouvert dévoilant la vie privée des adeptes de ce type de réseaux sociaux. Une banque d’informations lucrative pour les esprits mal tournés. Âge, sexe, orientation sexuelle, profession, ville natale… Tous les renseignements personnels peuvent y être exposés.
Or, au dire de Mme Blanc, il n’y a pas lieu de s’inquiéter. Les internautes ne seraient pas plus ciblés que les autres par les fraudeurs. «En fait, 95 % des vols d’identité se font à partir des poubelles, et seulement 5 % sur le web. Et pourtant, on associe énormément le phénomène de la fraude avec Internet.»
Pas plus de fraudes sur Internet qu’ailleurs ne signifie pas que toutes les règles de sécurité peuvent être écartées. «Il y a des gens qui perdent toutes les notions de sécurité de base lorsqu’ils sont sur Internet. Il faut être vigilant quant aux informations mises en ligne. Il faut se demander si on accepterait de divulguer ces détails à plus de 100 000 personnes», de conclure Mme Blanc.