Le maire de Québec, Régis Labeaume, en compagnie de la présidente du comité de réflexion sur la gouvernance, Françoise Mercure. - (Photo François Simard)
Des économies annuelles potentielles de 2,5 M$
Suppression de deux arrondissements et de 13 districts de la carte électorale de Québec
Tablant sur une économie annuelle potentielle de 2,5 M$, le maire Régis Labeaume souhaite réduire considérablement la taille du conseil municipal en éliminant deux arrondissements et 13 districts de la carte électorale de Québec.
«C'est un rapport remarquable, très fouillé et concis», a lancé d'entrée de jeu le maire avant de passer la parole, hier matin, à la présidente du comité sur la gouvernance mis sur pied il y a quelques semaines à peine, François Mercure. Cette dernière a présenté les grandes lignes d'un rapport qui était très attendu.
Le scénario retenu par les cinq membres du comité ferait donc disparaître deux arrondissements et 13 districts. L'arrondissement Laurentien verrait son territoire divisé entre Sainte-Foy–Sillery et la Haute-Saint-Charles alors que les arrondissements Limoilou et la Cité seraient fusionnés.
«Au départ, je voulais entre 19 et 22 conseillers, mais je me rends aux recommandations du comité, mentionne Régis Labeaume. Il y a des choses que je n'avais pas vues. Il faut demeurer ouvert et si des élus de Québec ont des meilleures idées, je vais les écouter. Mais les arguments du rapport sont assez implacables.»¸
Et le premier argument est évidemment financier. En plus d'une économie récurrente de 1,3 M$ liée à la masse salariale des conseillers, le maire avance que l'abolition de deux directions d'arrondissement permettrait à Québec de récupérer un autre 1,2 M$.
L'objectif était aussi d'équilibrer le nombre d'électeurs par district qui varie actuellement de 6900 à 13 163. Au terme du processus, la moyenne serait de 16 000 électeurs.
«Le comité n'a pas trouvé de justificatif au fait que nous ayons actuellement huit arrondissements et 37 districts, souligne le maire. Ça me dit que ça a été fait rapidement lors des fusions et qu'il y a eu des ''deals'' pour faire accepter tout ça.»
L'enveloppe totale dont disposent les conseillers pour la recherche demeurera toutefois la même puisque ce montant est fixé par la loi à un quinzième de un pourcent du budget de la Ville. Si le scénario des 24 districts est retenu, chacun des élus recevrait donc annuellement un peu plus d'argent soit environ 28 000$ par rapport à 18 000$.»
«Nous demandons que des incitatifs soient mis en place pour que les conseillers exercent leurs fonctions à temps plein», précise François Mercure.
Partageant entièrement ce point de vue, le maire de Québec promet d'ailleurs de bientôt s'attaquer à la rémunération des élus afin d'en clarifier les différentes composantes. «Il y a des primes et des bonus cachés partout, affirme-t-il. Éventuellement, il va falloir simplifier ça et je veux faire un débat là-dessus.»
Avec ou sans l’approbation du conseil municipal de Québec, la nouvelle carte électorale doit être soumise à la ministre des Affaires municipales, Nathalie Normandeau, en juin. Cette dernière devra donner le feu vert au plan de Régis Labeaume ce qui n'est pas acquis puisque la Loi sur les cités et ville stipule qu'une ville de 500 000 habitants doit compter entre 30 et 90 conseillers municipaux. Le maire souhaite que les élus mettent leurs agendas personnels de côté et se rangent derrière lui dans sa démarche.
Signalons que le rapport sera présenté à la population lors de quatre soirées d'information qui auront lieu les 5, 6, 12 et 13 avril dans des lieux qui restent à confirmer.