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Et le jugement alors?

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Article mis en ligne le 14 mars 2008 à 8:30
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Et le jugement alors?
Le «politicly correct» et la tendance lourde des gouvernements à jouer les «gouvernemamans» viennent d’avoir raison de la malbouffe dans les arénas. Pour l’heure, quatre arrondissements de la ville vont mettre au rancard les frites, poutines, pogos et autres aliments à haute teneur en sucre et/ou en gras destinés aux jeunes sportifs et à leurs partisans. Les autres quartiers interviendront de la sorte lors du renouvellement des contrats avec les firmes qui fournissent les services alimentaires.

Quelle est donc cette propension des services publics à s’immiscer dans la vie privée des gens? Qu’on propose une nourriture plus saine, je veux bien. J’encourage cette pratique. Mais le traditionnel hot-dog après un match de hockey doit demeurer disponible. C’est une question de jugement des parents à qui il appartient d’évaluer la qualité de la nourriture à offrir à ses enfants. Nos gouvernements se comportent comme s’ils niaient au bon peuple le droit de décider ce qu’il va manger ou non. Impossible d’exercer son propre jugement.

Récemment, en compagnie d’un ami avocat, nous mangions dans un restaurant de la Capitale dont la spécialité est la viande grillée. Mon invité a tout fait pour obtenir un steak haché saignant. Impossible. Le ministère ne veut pas et si un de ses inspecteurs était témoin de cette offense, le restaurateur risque une amende, ou pire, voir son permis suspendu. Poussant sa requête jusqu’au bout, l’avocat proposa au gérant, venu en renfort de la serveuse, de signer sur-le-champ une décharge au cas où son steak haché provoquerait dans son organisme un mal désastreux. Rien à faire. Il a dû manger sa viande bien cuite parce que quelque part un fonctionnaire se souciait de sa santé. Comme si mon avocat n’était pas doté du jugement nécessaire pour décider lui-même du contenu de son assiette.

Cette société aseptisée que dessinent pour nous nos différents paliers de gouvernements et la fonction publique, est actuellement en train de venir à bout du nouveau Ludoplex et du Sulky Québec, le nouvel hippodrome. Loto-Québec dit à la fois une chose et son contraire. D’un côté, on crée un salon de jeu pour retirer de certains bars ou restaurants des appareils de loteries vidéo (ALV) avec l’espoir de contrer le jeu compulsif et, en même temps, de venir en aide à la moribonde industrie du cheval de course. Du même coup, on rend l’exercice de jouer tellement ardu et plate, que personne ne fréquente le fameux Ludoplex qui a coûté plus de 20 M$ aux contribuables.

On a retiré au fait de jouer avec les ALV tout sentiment d’excitation, de spectaculaire. Interdiction de fumer dans l’édifice public, interdiction de consommer dans les aires de jeux, interdiction de manipuler de la monnaie, etc. Le client qui entre dans l’édifice pour jouer est presque considéré comme un criminel potentiel, un joueur compulsif en puissance que l’on garde à l’œil. Pas étonnant que dans un tel climat de suspicion, on ne parvienne pas à attirer les gens qui ne demandent qu’à avoir du plaisir et dégustant une bonne bouffe, un bon vin et en pariant un petit 20 $.

Loto-Québec est bien avisée de vouloir contrer le jeu compulsif. Mais tous les joueurs ne le sont pas pour autant. Ceux-ci seront toujours minoritaires. Alors, pourquoi infantiliser la majeure partie de la clientèle? D’ailleurs, cette remarque n’est sûrement pas statistique, mais des restaurateurs m’ont confié que depuis qu’on a retiré les ALV à certains endroits, les joueurs ont choisi d’autres établissements du même genre au détriment du Ludoplex. Visa le noir, tua le blanc; ça vous dit quelque chose.

Il est regrettable que notre société soit dorénavant dirigée par des gens qui s’arrogent le droit d’imposer une pensée unique à toute une population. Jadis, dans les pensionnats pour jeunes garçons, les religieuses avaient décidé qu’on devait se peigner vers la droite, avec un «petit coq» à l’avant. Seuls les cheveux frisés ou en brosse pouvaient faire exception. Il semble que beaucoup de ces pensionnaires d’antan qui exercent aujourd’hui dans les hautes sphères de la société aient bien appris leurs leçons.

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