Émile Loranger se défend d'agir de façon illégale à la Ville de L'Ancienne-Lorette.
Émile Loranger se défend d’être illégal
Malgré un rapport de plainte du ministère des Affaires municipales défavorable à son endroit, Émile Loranger persiste et signe. Ses arguments à l’appui, le maire de L’Ancienne-Lorette se défend d’agir dans l’illégalité.
Avant la publication du fameux rapport, résultat d’une plainte d’un groupe de citoyens, le maire aurait souhaité une rencontre avec le ministère pour donner sa version des faits. «J’aimerais savoir qui a été rencontré, où et quelle date, dénonce-t-il. Il n’y a jamais eu de rencontre. On a l’impression que quelqu’un quelque part a reçu des plaintes, on se ne sait pas qui. Bon, on s’en doute. Il a pris ça pour véridique et a produit un rapport sans prendre le temps de vérifier.»
Jeudi dernier, le maire Loranger a passé la soirée en compagnie de Me Roger Pothier, visage bien connu dans le monde municipal. Ensemble, ils ont analysé le rapport, point par point. «Je ne veux pas partir en guerre contre le ministère, je ne veux pas créer d’irritant, explique-t-il. Je ne veux pas blâmer personne. Je veux les rencontrer pour qu’on s’explique et qu’il y ait un geste dans le rapport du ministère pour rétablir les faits.»
«Il n’y a rien là-dedans»
Parlons-en du contenu de ce fameux rapport. Le maire Loranger réplique ni plus ni moins à tous les reproches adressés à son endroit. «Le rapport en soi, il n’y a rien là-dedans, c’est le battage publicitaire que ç’a fait... C’est ce qui m’a estomaqué.»
À propos de la légalité de la Commission permanente des finances (CPF), M. Loranger garde la même position. C’est légal, rien de plus, rien de moins.
«C’est consultatif. Ça débroussaille les décisions à prendre par le conseil, mais les décisions sont prises par le conseil. La CPF ne prend aucune décision. Évidemment, on intervient sur le pouvoir décisionnel du directeur général.»
Attaqué pour son maigre programme triennal d’immobilisations (PTI), il juge cette pratique inutile dans sa forme courante. «C’est une farce, à moins que quelqu’un au ministère, dans la rencontre qu’on veut avoir, me démontre que c’est utile. Si on me montre que c’est utile, je vais en faire un. Est-ce je respecte la loi, moi on me dit oui. Je ne le fais pas comme les autres. Ce n’est pas la seule chose que je ne fais pas comme les autres.»
«Si depuis 1983 (année de sa première élection) ça marche, et ça marche bien, pourquoi ma technique ne serait pas bonne? J’ai toujours fait ça comme ça.»
Une seule fois, il donne raison au ministère, soit au sujet de la réduction de la tarification des activités pour les personnes de 65 ans et plus. On reproche à la CPF d’avoir décidé sans résolution au conseil.
«Tous les remboursements qu’on a faits, il n’y en a pas des tonnes, sont votés par le conseil dans la liste des comptes à payer», rétorque-t-il.
Se conformer?
Émile Loranger entend-t-il maintenant se plier aux demandes du ministère et à l’ultimatum de 30 jours pour agir? Pas vraiment. Il veut d’abord rencontrer le sous-ministre Jean-Paul Beaulieu et le coordonnateur aux plaintes, Gérald Fleurent.
«On va lire le rapport Roger Pothier et moi, puis là, on va s’expliquer. Ils vont soit accepter nos explications ou les refuser, mais ils vont devoir nous expliquer s’ils refusent. Je pense que tout part du fait qu’il y a eu une omission de venir nous rencontrer avant de foutre le bordel partout.»
Avenir du maire
Comme tout le monde, Émile Loranger vit lui aussi des états d’âme. L’été dernier, il a pensé quelques instants à quitter la vie politique. Puis, cette envie s’est estompée.
Après le brouhaha de la semaine dernière, l’élu songe-t-il encore une fois à passer le flambeau à un autre?
En janvier, le maire se disait en réflexion au sujet de son avenir. Il fera cependant connaître sa décision en 2009. «Je vais finir mon mandat, c’est sûr et certain, je n’ai jamais lâché un job en cour de route, mais ça écœure», commente-t-il à propos du traitement médiatique de l’affaire.
Les points à l’étude au ministère :
- la Commission permanente des finances
- le rapport du maire sur la situation financière
- le dépôt du rapport semestriel sur les finances
- le programme triennal des immobilisations
- la participation du maire au Conseil d’agglomération