Photographe professionnel chevronné, l’Augustinois Louis Perron présente ses images captées lors de son voyage en Bolivie. Grâce à celle-ci, il a remporté un prix dans la catégorie «Mountain Culture», du Banff Mountain Festival. (Photo Louis Perron)
Incursion dans l’aventure d’un photographe en Bolivie
Après des séjours au Pérou et au Mexique, le photographe augustinois Louis Perron a visité la Bolivie en 2007, flanqué d’un sac à dos et d’un appareil numérique. Écartons toute méprise, il a marché loin des sentiers battus, c’est-à-dire dans une sombre mine ou un désert de sel. Bref, à des endroits réservés aux aventuriers de ce monde.
Ce voyage représente en réalité le résultat de sa soif d’aventure et de son goût pour la photographie. Pays riche en culture et en ethnies, il semble avoir gardé les mêmes passions puisqu’il retournera en Bolivie à la fin mars. Un autre périple de trois semaines.
Dans le cadre de l’exposition «Lumière de Bolivie», présentée à la Bibliothèque Alain-Grandbois de Saint-Augustin, Louis Perron propose 16 clichés parmi quelques centaines. Si certains choix s’avéraient évidents, d’autres furent plus complexes et ont demandé réflexion.
«Ce n’est pas facile de choisir les photos, j’ai un lien émotif avec mes images, explique-t-il. Ce que j’ai senti ou vécu est retransmis dans chaque image.»
Mine de Potosi
Avant d’entreprendre son périple en terre bolivienne, Louis Perron souhaitait sans compromis visiter Potosi, plus haute ville du monde et jadis, plus riche de la planète. Depuis le milieu du XVIe siècle, des hommes courageux extraient du minerai d’argent de la montagne.
«C’est épouvantable, aux niveaux physique et du terrain pour travailler», décrit-il au sujet des conditions de vie dans la mine. Les travailleurs doivent vivre avec la chaleur, la poussière, le manque d’espace. Les rares photographes à pénétrer dans cet univers aussi.
«Quand tu es derrière la caméra, quand tu es dans le moment, tu ne penses pas à ça», affirme-t-il. Question de conserver l’ambiance, l’Augustinois a utilisé sa lampe frontale pour seule lumière à l’intérieur. Sa guide, Susana, l’accompagnait dans les galeries.
Chaque vendredi, les mineurs font des offrandes à la statue représentative de Tio, à la fois mi-dieu et mi-démon. Pour quelques cigarettes dans sa bouche, un peu d’alcool à ses pieds et des feuilles de coca, il assure la protection des ouvriers.
Sitôt cette visite de quelques jours terminée, le photographe a pris la route de la magnifique région du Sud Lipez. Sur place, il croyait être dans un autre monde, rien de moins. «Les lumières et les couleurs donnent des aspects surnaturels aux paysages. Tu n’es pas sur la planète Terre, tu te dis que ça ne se peut pas.»
Avant de repartir, il a aussi mis les pieds dans le Salar d’Uyuni, le plus vaste désert de sel du globe, dont la superficie dépasse les 12 000 kilomètres carrés.
Prix international
Fait important à mentionner, les gens pourront voir la photo grâce à laquelle il a décroché un prix international au dernier Banff Mountain Festival. Les jurés lui ont décerné la première position dans la catégorie «Mountain Culture». «Je l’avais vraiment dans ma mire ce prix-là», raconte-t-il.
Selon le photographe, plus de 2100 participants de 27 pays différents ont tenté leur chance, mais pas n’importe qui. Certains travaillaient même pour le réputé National Geographic.
L’exposition de Louis Perron se déroulera du 7 au 23 mars. Le vernissage se tiendra la première journée, à 19 h.