Béatrice Picard a touché à tout, du cinéma à la télévision, en passant par le doublage. Mais de tous, c'est le théâtre qui demeure sa véritable passion. «C'est mon premier amour», avoue-t-elle. (Photo Frédérick Masson)
La passion selon Béatrice Picard
Pour certains, elle demeurera toujours la Angélina de la série Le Survenant, la Alice de Cré Basile ou encore la Mme Bellemare de Symphorien. Pour d'autres, elle est, depuis plus de 15 ans maintenant, la voix de Marge Simpson, dans le dessin animé du même nom. Rencontre avec une passionnée au cœur d'enfant : Béatrice Picard.
Elle a beau être à l'orée de ses 80 ans, avoir derrière la cravate plus de 60 ans de carrière et manquer de doigts pour compter les nombreux projets auxquels elle a pris part, Béatrice Picard demeure encore aujourd'hui une figure de proue dans l'univers artistique québécois. Voguant d'un projet à l'autre tel un navire en plein contrôle de la mer, elle s'offre chaque jour le plaisir d'exercer le métier qu'elle aime le plus au monde, celui de comédienne.
«Le contact avec le public est tellement gratifiant, lance-t-elle avec des étincelles plein les yeux. Chaque fois que quelqu'un m'arrête pour me dire qu'il apprécie ce que je fais, c'est comme une grande bouffée d'air frais. Je retrouve alors mes 20 ans!»
Mais pour en arriver là, il lui a fallu trimer dur. Très dur. C'est d'ailleurs le travail qui, au dire de Béatrice Picard, se veut le secret d'une longue carrière.
«Chaque matin qui se lève apporte son lot de défis. Je me rappelle qu'au début de ma carrière, j'ai dû mettre les bouchées doubles afin de compenser le fait que j'avais moins de talent que les autres. Mais ça ne m'a jamais arrêtée. Je suis une bûcheuse!», ajoute-t-elle fièrement.
Huis clos à huit
Huit suspectes, beaucoup de neige et un mari mort. Voilà les pierres d'assises de la pièce Huit femmes, de l'auteur Robert Thomas, présentée le 11 mars prochain à la Salle Albert-Rousseau. Une aventure à laquelle prend part Béatrice Picard, qui y incarne le rôle de la belle-mère du défunt, une femme avaricieuse et alcoolique.
«C'est toute une commande, mais ô combien stimulante, de mentionner la principale intéressée. À titre de doyenne du groupe de comédiennes, lequel est formé de Geneviève Bélisle, Sophie Faucher, Catherine Florent, Nathalie Gascon, Louise Latraverse, Brigitte Paquette et Marilyn Perreault, j'ai le plaisir de partager la scène avec des femmes de talent qui, par leur énergie et leur fougue, m'apportent et surtout m'apprennent énormément. Nous formons vraiment une belle équipe.»
Thriller comique où s'entrechoquent des tempéraments dissonants, Huit femmes donnera à certains l'impression d'assister à la version théâtrale d'une partie de Clue, ce jeu de société où il faut trouver le meurtrier, l'arme du crime et la pièce dans laquelle il a été commis.
«Et comme s'il jouait, le public devra se creuser les méninges afin de découvrir l'identité de celle qui a tué le maître de maison. Mais pas question pour moi de révéler le secret. Pour le savoir, il faut venir voir la pièce», conclut-elle dans un éclat de rire.