Chers cinéphiles, c'est notre tour!
L'heure est aux honneurs dans le merveilleux monde du cinéma. Après la fastidieuse soirée des Annual Academy Awards, un événement qui se veut davantage un rendez-vous de robes et de designers que de prix proprement dit, ce sera au tour des Québécois de voir leurs vedettes du grand écran sous les projecteurs à l'occasion de la Soirée des Jutra.
C'est dans à peine un peu plus d'une semaine, soit le 9 mars prochain, que Claude Legault, Sylvie Léonard, Guillaume Lemay-Thivierge, Marc Labrèche, Karine Vanasse, Laurence Leboeuf et Suzanne Clément, pour ne nommer que ceux-là, marcheront à leur tour sur le tapis rouge.
Pour les cinéphiles, l'heure est aux prédictions. Car contrairement aux Oscar, nous sommes en mesure de pouvoir évaluer justement et efficacement les performances et les productions en lice. Pourquoi? Parce que nous les avons vus en version originale. Mais n'ayez crainte, loin de moi l'intention d'attiser une autre fois le débat sur les films traduits et sur le trop peu de films présentés en version anglaise dans les salles de la capitale, les habitués de cette chronique savent d'ores et déjà mon opinion sur la question.
En ce qui a trait au sujet initialement abordé, il est juste de dire que la Soirée des Jutra s'annonce intéressante. Malgré une légère baisse au cours des derniers mois, voyant sa part de marché au box-office québécois passer de 11,73 % en 2006 à 10,72 % en 2007, le cinéma québécois a livré la marchandise. Il suffit de penser à des œuvres telles Les trois petits cochons, Nitro et Ma fille, mon ange, qui ont fait le bonheur des propriétaires de salles de la province.
Un succès qui n'est pas étranger au fait que lesdites productions ont reçu respectivement treize, six et cinq nominations. Parmi les autres titres à surveiller, notons Continental, un film sans fusil (huit nominations), L'âge des ténèbres (six nominations) et La Brunante (quatre nominations).
Qui dit nominations dit, bien entendu, grands oubliés. À ce titre, difficile de passer sous silence l'absence de Patrick Huard dans la catégorie «Meilleure réalisation». Il serait d'ailleurs très ironique que Les trois petits cochons mérite le prix du meilleur film alors que celui qui en est le grand maître d'œuvre n'est même pas en lice. Dans le même ordre d'idées, dommage que le nom de Maxime Desjardins-Tremblay, une perle rare dénichée par la cinéaste Anaïs Barbeau-Lavalette pour le film Le Ring, ne figure pas parmi les aspirants au titre de meilleur acteur. Dans le rôle principal, le jeune homme crève l'écran dès les premières secondes en s'inspirant du milieu qui est le sien, donnant ainsi au personnage central un caractère qui lui est propre. Par sa présence, il apporte au film une touche de réalisme comme peu de jeunes acteurs ont su le faire au cours des dernières années. Mais tous ne l'ont visiblement pas vu ainsi.
À vous tous, chers lecteurs, une très belle Soirée des Jutra.