Stéphane Dion croit que ses propositions en pour encourager la recherche et développement dans le secteur privé séduiront une région qui compte autant de centres de recherche que Québec.- (Photo Michel Bédard)
Une stratégie économique «sans faille»
Stéphane Dion a un plan pour l'économie canadienne. Un gouvernement libéral miserait sur l'effet de levier provoqué par un investissement massif dans les infrastructures municipales et la création d'un Fonds pour la prospérité et les industries de pointe. Ajoutez à cela une implication accrue de Développement économique Canada (DEC) et vous avez une stratégie économique «sans faille» selon le chef du Parti libéral.
De passage dans les bureaux de Québec Hebdo, Stéphane Dion a expliqué comment un gouvernement libéral utiliserait les 10 G$ de surplus prévus cette année. Alors que les Conservateurs disent vouloir consacrer l'entièreté de la somme à la réduction de la dette, le chef libéral préfère en utiliser une partie pour améliorer les infrastructures.
«Le poids de la dette sur le PIB a beaucoup diminué et continuera de le faire, explique-t-il. Un gouvernement libéral affecterait 3 G$ à la réduction de la dette et verserait directement aux municipalités les 7 G$ restant pour leurs infrastructures.»
Ces sommes créeraient ainsi une activité économique importante et aideraient le pays à passer au travers d'une période plus difficile. «C'est un choix facile à faire», affirme M. Dion.
Les municipalités pourraient donc investir massivement dans les transports en commun, le traitement de l'eau, la gestion des déchets et l'assainissement des sites contaminés. «Des investissements dans l'environnement, insiste M. Dion, peuvent être excellents pour l'économie en général puisqu'ils réduisent les coûts en énergie, donc de production, et augmentent ainsi la compétitivité de nos entreprises.»
Cet engagement en faveur d'un réinvestissement massif dans les infrastructures ne vaut-il que dans l'éventualité de surplus? Il est plus que possible que le ralentissement économique aux États-Unis affecte l'économie canadienne, ce qui ferait fondre les surplus auxquels le fédéral s'est habitué dans les dernières années. Stéphane Dion croit qu'il est tout de même possible de se dégager une marge de manoeuvre dans les programmes existants, «mais en continuant à gérer les budgets de façon serrée», s'empresse-t-il d'ajouter.
L'autre fer-de-lance de la stratégie économique libérale serait la création d'un Fonds pour la prospérité et les industries de pointe destiné au secteur de la fabrication et de la recherche et développement.
«Ce fonds de 1 G$ permettrait d'attirer des investissements étrangers ciblés qui auraient un véritable effet de levier sur notre économie», poursuit M. Dion. Pour être admissibles à ces subventions, les entreprises devront être en mesure de générer d'importants investissements privés, des emplois, attirer des industries secondaires et permettre au Canada de devenir un chef de file dans les technologies et produits manufacturiers verts.
Ce virage vert est la voie que doit absolument emprunter le secteur manufacturier canadien pour compétitionner au niveau mondial, estime celui qui voudrait laisser sa marque dans l'histoire en étant associé à la réussite de la révolution verte au Canada.
Un autre engagement de Stéphane Dion risque d'intéresser particulièrement les centres de recherche de la région. «Nous devons absolument combler le vide qui existe entre la recherche et développement et la mise en marché d'innovations. C'est pourquoi nous voulons élargir le crédit d'impôt pour la recherche scientifique et le développement expérimental aux entreprises qui ne sont pas encore rentables pour qu'elles poursuivent leurs efforts.»
À ce sujet, Stéphane Dion se désole que l'implication de Développement économique Canada ait diminué sous le gouvernement conservateur et envisage un retour des fonds. «C'est un véritable moteur pour les nouvelles entreprises et je ne comprends pas pourquoi DEC s'est retiré.»
Plus d'échanges, mais aussi plus de prudence
Un gouvernement libéral continuerait d'élargir les possibilités d'exportation de produits canadiens. «Le Canada est une nation commerçante et c'est dans la tradition libérale d'encourager le commerce», soutient Stéphane Dion. Par contre, pas question de poursuivre la même politique que celle du gouvernement Harper à l'endroit de la Chine.
«Pour promouvoir les droits et libertés de la personne en Chine, il faut y être présent. D'ailleurs, nous nous privons de dizaines de milliers de touristes chinois en entretenant ces frictions», affirme M. Dion en faisant référence au fait qu'à peu près tous les pays occidentaux sauf le Canada peuvent accueillir les visiteurs chinois. «Nous sommes plus utiles aux États-Unis quand nous sommes nous-mêmes que lorsque nous essayons d'être de petits États-Unis.»