Ran... court toujours!
Critique de spectacle
Rapide comme l’éclair, le sprinter est parti. Il s’apprête à se déhancher au grand bonheur des invités. Du grand circuit en trio, poursuivant sa course en duo, il s’affirme en solo et gagne la médaille des mots! Un véritable triathlon de mimiques, de mots, de sons. Tout y est, un prestidigitateur vocal!
À cette Première au Centre d’Art La Chapelle, ce 12 février 2008, la convivialité régnait entre lui, la salle et ses personnages. Chacun d’eux était un sketch en soi. On avait l’impression parfois de se retrouver dans une pièce de théâtre d’été: impressionnant, j’étais complètement crevé! Son costumier devait être brûlé!
Emporté par la vague Rancourt, son public est entré dans sa bulle avec ses imitations de Jeunesse d’aujourd’hui et des groupes Rock des années 60,70,80. «Grince la radio comme vibrent les échos», les ondes ne se sont pas égarées depuis. Entre les Beatles et Keven Parent, Dennis de Young lui-même aurait pu rencontrer «Sweet Madame Blue» sur le podium. Il y a longtemps que nous n’avions pas vu Pierre Légaré s’imiter: «J’me d’mande si le vrai Légaré était en coulisse»? Les «Putt, putt!» de Gilles Proulx sont même meilleurs que ceux de Ron «Putt putt!» Fournier! Avec un fond d’écran à l’arrière-scène, nous avions droit à un deux pour un, tout en évitant les temps morts: nous étions «morts de rire»! Et, lorsqu’un humoriste en est arrivé à imiter la «scratch» d’un 45 tours et du passage au 33 tours, c’est un «tour de force»!
Il s’est même permis d’améliorer le son du saxophone d’André-Philippe Gagnon et comme si ce n’était pas assez, il a intégré une guitare dans sa voix, en plus de la jouer à l’envers, j’étais renversé… La trame sonore d’Ennio Morricone «Il était une fois dans l’Ouest» s’est retrouvée dans l’Est et s’est améliorée au contact de Rancourt… Même René Simard avait retrouvé sa voix de p’tit pouding! Les duos de chanteurs furent un moment fort de la soirée. De Dubois/Clerc à Dubois/Pelchat en contournant Reno/Ferland, des applaudissements fusaient de partout tellement les voix étaient ressemblantes. Un petit blanc de mémoire ne fut pas sans nous rappeler que ces bêtes de scène, sont aussi des humains et cela les rapproche encore plus de nous, dans la salle, avec une «joke» de plus… Et de se retrouver subrepticement, en plein bois avec un feu de foyer et des mouches noires, c’était la «cerise sur le sunday» dirait Odina!
Un véritable hommage à ses pairs humoristes, Michel Barrette et Jean Lapointe puis l’ex-baronnet Angélil est devenu tout à coup, la coqueluche des Beatles. Même en cherchant son micro, il a pu imiter à la perfection, Andréa Boccelli. L’ex-ténor a laissé ses empreintes. Les classiques de cowboys y ont passé avec une arrière-scène de Farwest époustouflante, pour nous revenir dans son «trench» coiffé d’un chapeau très beau, en rappel pour ses fans. La puissance des voix de Tina Turner de même que celle d’Edith Piaf, a impressionné l’auditoire. L’appréciation a monté d’un cran avec son invitée Whitney Houston sans son body guard. Un hommage à Boule noire vient décoiffer la salle.
Vingt ans que j’avais vu son premier spectacle d’humour à Charny et son public est encore en amour et moi aussi… Bravo à son équipe! Chapeau Michaël!
* (Collaborateurs spéciaux: Paul-André Simard et Line Turcotte)