Serge Beausoleil
Une pression médiatique omniprésente
Sans connaître le fin fond de l'histoire, le traitement réservé dans les quotidiens québécois à la suite de l'arrestation de Ryan O'Byrne et de Tom Kostopoulos des Canadiens de Montréal à la sortie d'un bar de Tampa Bay ne laisse aucun doute quant à la très grande pression à laquelle sont soumis les joueurs professionnels, tous sports confondus.
Si le même incident avait mis en vedette le commun des mortels, jamais on en aurait autant entendu parler dans les médias. On pourrait dire que c'est la rançon de la gloire mais n'empêche que l'organisation des Canadiens de Montréal est éclaboussée par cette situation. Je suis convaincu que Guy Carbonneau et Bob Gainey ne devaient pas être heureux quand ils ont appris la nouvelle.
Heureusement pour moi, je n'ai jamais été confronté à une telle situation quand j'occupais le poste d'entraîneur-chef. Je touche du bois car aucun des joueurs que j'ai un jour ou l'autre dirigé n'a été arrêté pour un acte criminel.
J'ai toujours fait en sorte que les joueurs comprennent qu'ils sont des personnages publics. Je leur répète inlassablement qu'ils seront sévèrement jugés par les amateurs s'ils sont arrêtés en état d'ébriété au volant ou s'ils sont pris à consommer des drogues de performance lors d'un contrôle.
De telles situations rejaillissent sur l'organisation dans son entité même si c'est un cas isolé. Cela peut être suffisant pour perturber et déranger les athlètes dans leur quotidien et nuire à leurs performances sur le terrain ou sur la patinoire.
Quand les colonnes du temple tremblent comme c'est le cas présentement pour l'organisation des Canadiens, les leaders dans le vestiaire comme sur la glace doivent faire en sorte de se lever pour rassembler leurs coéquipiers pour que cette affaire soit très rapidement réglée.
C'est dans ces moments où l'adversité se fait sentir hors de la glace que l'on reconnaît les grandes équipes. À moins que ces deux arrestations brisent la chimie de l'équipe, ce qui n'est réellement pas souhaitable.
Les joueurs du Blizzard du Séminaire Saint-François sont mis en garde en début de saison de faire attention à leurs comportements hors des cadres de l'équipe. On leur souligne qu'ils représentent leur école et qu'ils doivent être fiers de porter le chandail qu'ils enfilent jour après jour. Dans ce contexte, un bon encadrement peut les aider à ne pas faire des choses qu'ils regretteront pendant toute leur carrière.
Propos recueillis par Denis Fortin