Opsens conçoit et produit un capteur à fibre optique de la dimension d'un cheveu qui est utilisé dans certaines chirurgies cardiaques.
Un marché d'une ampleur énorme
C'est un marché énorme auquel s'attaque l'entreprise québécoise Opsens. Si l'extraction de pétrole des sables bitumineux a été longtemps freinée par ses coûts élevés, le prix du baril de pétrole et l'épuisement des réserves plus accessibles la rendent incontournable.
Les réserves canadiennes en sables bitumineux se classent au deuxième rang mondial, derrière l'Arabie saoudite. La croissance de la production des sables bitumineux devrait faire passer le Canada de 9e producteur mondial à 5e d'ici 2015.
Cette semaine seulement, Suncor Energy a dévoilé un plan d'investissements de 21 G$ dans les sables bitumineux et Pétro-Canada a annoncé des profits de 2,7 G$ en 2007, soit 57% de plus qu'en 2006.
Au niveau mondial, la proportion des réserves pétrolières in situ versus celles à ciel ouvert est de 80/20. Si le capteur à fibre optique d'Opsens donne les résultats espérés, c'est un marché de 1,4 G$ qui s'ouvre pour l'entreprise québécoise.
«C'est intéressant qu'une compagnie de Québec puisse prendre une position aussi stratégique dans le monde du pétrole», convient Louis Laflamme, chef de la direction financière d'Opsens.
En fait, les perspectives sont tellement bonnes pour Opsens que le seul frein à sa croissance identifié par M. Laflamme est sa capacité d'installer rapidement ses produits. «C'est pourquoi nous avons fait l'acquisition en décembre de la meilleure compagnie d'installation en Alberta, Inflo Solutions. L'expertise est rare dans le domaine et nous l'avons achetée. Avec Inflo, maintenant Opsens Solutions, nous nous assurons de ne pas être à la merci de l'agenda d'un sous-traitant pour installer nos produits.»
Les dirigeants d'Inflo ne se sont d'ailleurs pas trop fait tirer l'oreille pour vendre puisque le prix d'achat a été fixé en options d'Opsens. «C'est dire à quel point ils croient en notre produit», notait Pierre Carrier, président d'Opsens, à l'assemblée des actionnaires.
Devant de si intéressantes perspectives, la possibilité de rachat par une plus grande entreprise ne peut pas être écartée. «Comme 45% des titres sont détenus par la direction d'Opsens, nous sommes assez bien protégés de ce côté. Ce n'est pas notre objectif, mais c'est certain qu'une pétrolière qui voudrait se donner un avantage concurrentiel pourrait être intéressée», concède M. Laflamme.
Pas seulement le pétrole
Outre le pétrole et le gaz, les instruments d'Opsens sont présents sur d'autres marchés prometteurs. «Notre deuxième plus gros secteur est le marché médical, indique M. Laflamme. Nous offrons un capteur à fibre optique utilisé dans les chirurgies cardiaques qui est sur le point d'obtenir son approbation réglementaire pour l'Asie et l'Europe.»
L'instrumentation des laboratoires scientifiques et militaires est un autre secteur où oeuvre Opsens. La croissance de ses ventes de 327% au premier trimestre 2008 découle en grande partie des commandes de ce secteur, dont celles de BAE Systems et d’autres sociétés militaires d’envergure.