Espoir dérobé et manque de respect
Au cours de la dernière année, nos aimants «Supportons nos troupes» disparaissent. À l'épicerie, à la garderie, au travail, dans notre propre entrée, ces symboles d'espoir et de soutien envers nos amoureux, nos fils, nos voisins, le père de nos enfants, se font dérober par centaine.
Le vol de ces bannières aimantés nous touchent au coeur et nous blessent, nous, conjointes de militaires déployés. Ces symboles du support que nous leur offrons ne vous engagent à rien; vous n'avez pas à être d'accord avec la mission, avec leur travail, avec les risques qu'ils et elles courent au quotidien. Sachez cependant que lorsque vous êtes témoins d'un tel vol, ou que vous-mêmes y participez, c'est envers nous, qui restons derrière, que vous manquez de respect.
«Supportons nos troupes» signifie pour nous supportons nos familles; supportons nos enfants qui s'ennuient de papa; supportons ces femmes qui angoissent le soir, au moment du coucher, alors qu'elles savent que leur amoureux vient de se lever au loin dans la poussière et les détonations des roquettes; supportons nos voisines qui bercent un bébé qui n'a pas encore connu son père; supportons ceux et celles qui quotidiennement attendent un appel qui ne vient pas, un message qui ne rentre pas.
«Supportons nos troupes», c'est notre cri du coeur, à nous l'autre peloton, le peloton resté derrière.
Voler nos bannières, c'est renier notre courage.
Véronique LEfebvre, conjointe de militaire au nom de tous les membres de l'autre peloton