Serge Beausoleil
Une médaille d'or pleinement méritée
C'est avec fierté que j'ai assisté à la conquête de la médaille d'or par le Canada lors du Championnat mondial de hockey Junior qui a pris l'affiche pendant la dernière période des Fêtes en République tchèque. Cette victoire, elle a été remportée par l'intensité et l'implication physique déployées par les Canadiens et par de légers détails qui ont tourné à l'avantage des médaillés d'or.
On a pu constater que le momentum tant désiré par la majorité des entraîneurs toutes disciplines confondues était un concept volatile. SI je me rappelle bien, les Canadiens ont contrôlé le match à leur guise pendant les deux premiers engagements face aux Suédois qui étaient pour la plupart du temps en retard sur le jeu. Avec une avance de 2-0, je craignais toutefois que le match prenne une tournure similaire à la première rencontre entre les deux équipes où la Suède avait comblé un déficit pour se sauver avec la victoire.
Bien des entraîneurs vous le diront et je partage pleinement leur avis sur la question. Une avance de deux buts est bien fragile en ce sens qu'elle confronte en même temps le club qui mène dans une zone de confort et d'inconfort. Si l'équipe parvient à marquer un troisième but, elle prend une bonne option sur l'issue de la rencontre. Dans le cas contraire, elle permet à l'adversaire de croire à une éventuelle remontée.
C'est en plein ce que les Suédois ont réservé aux Canadiens lors du troisième tiers du match ultime. À la suite d'une punition, les Suédois ont marqué un premier but, ce qui leur a donné des ailes et qui a totalement changé l'allure du match. Les Canadiens ont alors dû se défendre pour le reste de l'engagement, ce qui a donné une plus grande latitude à leurs adversaires.
Il fallait s'y attendre. Les Suédois ont égalé les chances dans la dernière minute de jeu pour forcer la présentation d'une prolongation. Une mauvaise sortie de zone des Suédois a pavé la voie au but gagnant des Canadiens. Le joueur n'a pas récupéré la rondelle de la bonne façon en se servant de ses patins plutôt que de son bâton. Il a en fait raté un jeu de base que nous enseignons à nos joueurs entraînement après entraînement. Je crois bien qu'il s'en souviendra longtemps.
Je ne vois enfin rien de politique au fait que l'alignement des Canadiens comptait seulement un seul Québécois, le gardien de but Jonathan Bernier. L'entraîneur de l'équipe, Craig Hartsburg, a complété les rangs de son équipe avec des joueurs qu'il connaissait. Si un entraîneur québécois avait été aux commandes, il aurait sans aucun doute agi de la même manière.
Propos recueillis par Denis Fortin