Danielle Bédard, jeune femme d'affaires et présidente du Collectif des accompagnantes de Québec.
Danielle Bédard: engagée en faveur du mieux-être des femmes enceintes
En ce début de nouvelle année, permettez-moi à mon tour de vous souhaiter tout ce que vous désirez en 2008. Que vos rêves les plus fous se réalisent. Dans presque toutes les revues de l’année vues, lues ou entendues, il a été question de ce «bébé-boum» que Québec a connu en 2007. J’en profite donc pour vous présenter une rencontre avec une femme fort sympathique et des plus dynamiques, qui est très au fait de ce phénomène de nombreuses naissances l’an dernier. Danielle Bédard est avant tout une mère de deux enfants, une femme d’affaires et la présidente du Collectif des accompagnantes de Québec.
Québec Hebdo - Qu’est-ce que le Collectif des accompagnantes?
Danielle Bédard - «C’est un organisme sans but lucratif regroupant des bénévoles qui accompagnent la femme enceinte ou le couple, afin qu’ils vivent positivement l’expérience de la maternité. Notre objectif primordial est d’humaniser la naissance. Notre démarche n’a rien de médical. La femme enceinte est toujours suivie par son médecin ou une sage-femme. Nous sommes une espèce de lien entre ces professionnels et la mère. L’accompagnante aidera à faire les bons choix.»
QH - Vous parlez de l’accouchement, mais est-ce que l’accompagnante est présente dès le début de la grossesse?
DB - «Absolument. C’est vraiment selon le désir de la mère ou du couple. On parle d’environ trois rencontres prénatales, afin de bien préparer l’accouchement. Toutes les futures mères ont des inquiétudes, des interrogations et parfois même des craintes. Nous sommes là pour répondre à ces questions et démystifier l’accouchement. Par la suite, il y a d’autres rencontres postnatales, afin d’assurer un bon suivi.»
QH - L’an dernier, Québec a connu un bébé-boum. Est-ce que l’année 2007 a été importante pour votre organisme?
DB - «On a vraiment senti ce bébé-boum. La demande a été très forte. Même si nous existons depuis 25 ans, nous manquons de bénévoles. C’est une de mes tâches d’ailleurs cette année, le recrutement. Vous savez, nos accompagnantes sont libres de faire le nombre d’accompagnements, qu’elles désirent dans une année et même de ne pas en faire pendant un certain temps et de revenir un peu plus tard. C’est pourquoi, on a un réel besoin de bénévoles. Nous offrons d’ailleurs une formation de base pour recruter et encadrer nos futures bénévoles.»
QH - Depuis la naissance de votre organisme, combien avez-vous effectué d’accompagnements?
DB - «Nous avons effectué plus de 2 000 accompagnements; consacré plus de 30 000 heures d’implication auprès des familles; offert plus de 60 formations de base; animé plus de 100 ateliers intensifs de fin de semaine pour la préparation à la naissance; et consacré plus de 900 heures au suivi. Nous avons accompagné et soutenu plus de 1 200 femmes seules (jeunes mères et monoparentales), durant la grossesse et jusqu’à la naissance de l’enfant.»
QH - Qui peut devenir accompagnante?
DB - «Toute femme animée du désir d’aider d’autres femmes dans le processus qui entoure la venue au monde d’un enfant. Les accompagnantes reçoivent une formation théorique et pratique. Une accompagnante est une femme spécialement formée pour offrir un soutien non médical durant la grossesse, l’accouchement et la période postnatale.»
QH - Comment le conjoint vit-il cette expérience?
DB - «Vous savez, à une certaine époque l’homme, au moment de l’accouchement, attendait dans le couloir. Heureusement, aujourd’hui il participe au processus. Sauf que trop souvent, j’ai l’impression qu’il manque de préparation et de connaissance. L’homme se sent souvent désemparé et inutile. La personne qu’il aime souffre. C’est difficile pour lui de vivre ces émotions. La présence de l’accompagnante permet au conjoint de prendre sa place. Personnellement, c’est ce que j’ai aimé lors de mon deuxième accouchement. Sans cet aide, mon conjoint aurait eu plus de mal à assumer. L’accompagnant qui était avec nous lui a suggéré toutes sortes de moyens pour qu’il puisse m’aider. Il s’est senti vraiment utile et nous avons vécu un accouchement merveilleux.»
QH - Quelle importance revêt pour vous l'étape de la grossesse?
DB - «Être mère, c’est un choix. On choisit d’avoir un enfant. On prend donc le temps de tout préparer; la chambre, la déco, les vêtements et tout le reste. Mais, c’est du moment que l’on est enceinte que l’on devient mère. Je trouve dommage que l’on ne prenne pas le temps de vivre toute la grossesse, période qui nous amène à une expérience unique qu’est la naissance d’un enfant. L’accompagnante nous permet justement de vivre pleinement le moment le plus important dans la vie d’une femme. Devenir maman!»
Pour plus d'information sur le Collectif des accompagnantes de Québec ou en savoir plus pour devenir bénévole:
www.accompagnantes.qc.ca.
* (Collaboration spéciale Jean-Marc Pageau)