De gauche à droite: Dominique Faguy, Pierre Gastonguay et Nathalie Levasseur. (Photo: courtoisie)
Poursuivre l'éducation religieuse à la maison
Une soirée d'information dédiée aux parents charlesbourgeois voulant continuer d'offrir à leurs enfants une éducation chrétienne – cette fois à la maison – , aura lieu le 15 janvier, à l'ancienne église Maria-Goretti.
Cette rencontre vise à préparer les parents à l'implantation de la réforme religieuse dès septembre 2008, où sera dispensé le cours d'éthique et de culture religieuse aux élèves du primaire et du secondaire. Ce cours, visant à promouvoir une culture publique commune, abordera le phénomène religieux et non pas les religions.
Sous le thème «Moi, parent chrétien, mes options pour l’avenir», cette soirée d'information sera l'occasion, selon le prêtre et animateur Pierre Gastonguay, «de prendre conscience des changements de notre société et des impacts sur le quotidien d’une famille catholique».
«Il est impérieux de soutenir les parents car on ne naît pas chrétien, disait Tertullien. Les rencontres préparatoires à la réception des sacrements ne suffisent pas pour éduquer à la foi chrétienne. Bien que l’école assurera un cours très valable sur la culture religieuse, il y a la personne du Christ, les textes bibliques, les valeurs chrétiennes, l’histoire religieuse et les rites catholiques qui font partie d’un cheminement de foi», ajoute-t-il.
Depuis plusieurs mois, la paroisse Saint-Charles-Borromée planche pour offrir, à partir de février, des catéchèses adaptées aux âges et à la réalité d’un horaire familial bien rempli.
«Si l’éducation chrétienne de leur enfant leur tient à cœur, les parents catholiques doivent désormais s’impliquer davantage», de dire Nathalie Levasseur, agente de pastorale, responsable des catéchèses.
«L’avenir sera différent pour les familles qui souhaitent vivre leur foi. Le fait de demander le baptême suppose plus que jamais l’engagement des parents», ajoute aussi Dominique Faguy, agente de pastorale.
La soirée d'information se tiendra le 15 janvier à 19h30, à l’ancienne église Sainte-Maria-Goretti située au 7180, boulevard Cloutier. (V.D.)
Information: Nathalie Levasseur au (418) 623-1847, poste 222.
Michel THYS
Commentaire mis en ligne le 15 janvier 2008Bonjour,
Je me permets de vous exprimer ci-dessous un point de vue différent du vôtre, que j'ai adressé le 5 janvier à La Voix de l'Est, sous forme de commentaire :
"Les droits de tous les parents, respectés ? Mon oeil ! ", écrit Patrice GAGNON, enseignant à Granby.
Le débat se résume, me semble-t-il, à :
- soit vouloir le statu quo (un cours de morale et un cours de religion),
- soit réfléchir, s'informer et voir comment s'adapter au mieux à la modernité.
Je comprends que des parents "préfèrent choisir un cours de morale ou d'éthique seulement, plutôt que de choisir (se faire imposer) le cours d'éthique et culture religieuse. Ils n'en veulent pas de ce volet des religions". De fait, ce nouveau cours privilégie la seule découverte de l'expérience religieuse, au travers de sept religions, surtout la catholique, ce qui est en effet aberrant aux yeux d'un enfant de 6 ou 7 ans ! Alors que suffirait amplement une information minimale sur "le fait religieux" (la Trinité n'est pas qu'une station de métro !), mais AUSSI sur "le fait laïque", au fur et à mesure de l'entendement des enfants et des adolescents.
Une "récupération" des valeurs laïques de tolérance et d'ouverture aux autres masque, je le crains, une volonté de redorer le blason du catholicisme, et de tenter de freiner l'inéluctable déconfessionnalisation en cours ...
Il faut remarquer cependant que ce cours est une approche "intellectuelle" et non "confessionnelle" déjà acquise de la religion : en effet, lorsqu'il arrive à l'école, l'enfant dont les parents sont croyants a déjà reçu une éducation religieuse précoce, fondée sur l'exemple, et donc affective et unilatérale qui va laisser des traces indélébiles dans son cerveau émotionnel, et influencer, peu ou prou, son esprit critique ultérieur, du moins dès qu'il sera question de religion. C'est un fait d'observation sociologique, confirmé par les récentes obervations psycho-neuro-physio-éducatives. Ce nouveau cours a donc le mérite de compenser les inégalités socioculturelles familiales.
Cela devrait, me semble-t-il, inciter les parents croyants à se demander s'ils sont infaillibles et si, à notre époque de pluralisme des cultures et des convictions, ils ont encore moralement le droit de continuer à donner à leurs enfants la même éducation que celle qu'ils ont reçue. Du moins s'ils tiennent à ce qu'ils s'adaptent harmonieusement à la modernité. Ne fût-ce que par simple honnêteté intellectuelle, les jeunes -ils pas le droit d'être informés des alternatives non aliénantes capables de donner un sens moins individualiste à leur existence ? N'ont-ils pas le droit de découvrir aussi les principes, les valeurs, les fondements et les objectifs de l'humanisme laïque, apparemment encore ignorés au Québec ... ?
N'ont-ils pas le droit de choisir, aussi librement et aussi tard que possible, de croire ou de ne pas croire ?L'option laïque n'est quand même pas une abomination !
En conclusion, j'estime que la mise en application de ce cours devrait être postposée, non pas pour maintenir le statu quo, mais pour que l'option laïque soit mise sur un pied d'égalité avec l'option religieuse, quelle qu'elle soit. A moins donc que les deux programmes de ce nouveau cours ne soient améliorés dans le sens d'une prise de conscience progressive des "mécanismes" psychophysiologiques et éducatifs qui sont à l'origine de la foi, et de sa fréquente pérennité, quelle que soit la religion, et que l'on prenne conscience que la laïcité philosophique n'implique aucun prosélytisme et ne prône que la liberté individuelle et l'autonomie de l'être humain.
Michel THYS à Waterloo, en Belgique.
michelthys@tele2allin.be
http://atheisme.free.fr/Contributions/Croire_ou_pas_croire.htm